‹ Œuvres completes de BergierChapitre 240 sur 255 · I. TH. MOU. — PLAN DE TIIEOL. I iM · texte numérisé non relu

I. TH. MOU. — PLAN DE TIIEOL. I iM

Les Auteurs plus modernes sont appelés écrivains ecclésiastiques plutôt que Pères ou docteurs de l'Eglise. Ainsi on connaît au îx' siècle Alcuin, Agobard de Lyon, Itaban- Maur, Paschnse, liafbert, II inemar de Reims ; au v S. Oilon de Cluni et OEcuménius, et dans le xr S. Odilon, Fulbert de Chartres , S. Pierre Damien, Lanfmnc ; au xn* S. Anselme, Yves de Chartres, Hugues et Richard de Saint-Victor, S. Bernard. Dans ce môme siècle, Pierre Lombard, appelé le maître des sentences, a donné naissance à la théologie scolastique.

Au xnr.S. Thomas a formé l'école des thomistes; S. Bonavrnture, son contemporain, et Scot au xiv, sont les chefs de l'école des

Pophyre, Jul<en, sont les plus célèbres; la scotistes. Le xv a été l'époque de la renaissance des lettres; Gerson, Tnstat , évèque d^Avila, le cardinal Bcssarion et une infinité d'autres écrivains controversistes s'y sont rendus célèbres; le xvr a été marqué par la naissance de la prétendue réforme et par les panoplies des controversistes.

75. Dans aucun siècle la doctrine chrétienne n'a manqué de défenseurs ; pour réprimer les novateurs, l'Eglise a tenu des conciles généraux, œcuméniques ou pléniers, et des conciles particuliers ou synodes; parmi les conciles généraux, celui de Nicée, le concile Quinisexte ou in Trullo, et le concile de Trente qui est le dernier, sont remarquables. Elle a toujours été persuadée que, dans ces assemblées, Jésus-Christ remplissait la promesse qu'il lui a faite de lui accorder Vassistance du Sainl-Ksprit. Conséquemment les pasteurs ainsi réunis ont dressé des décrets ou canons sur le dogme, des confessions ou professions de foi , ont montré quelle était la doctrine orthodoxe, la doctrine hétérodoxe, fausse, erronée, hérétique, blasphématoire on scandaleuse. Ils ont dit analhème aux hérésiarques et aux hérétiques, surtout aux relaps, ont rejeté leurs conciliabules, ont censuré et condamné leurs livres, ont exigé d'eux l'abjuration de leurs erreurs, leur ont défendu de dogmatiser, ont effacé leurs noms des dyptiques, leur ont refusé de* lettres formées ou lettres de communion.

plupart o.it déshonoré leur philosophie par la théurgie ou la magie.

73. En général, ce sont des philosophes mal convertis qui ont été les premiers hérésiarques, ou qui ont enfanté les premières hérésies; les sectes d s simoniens ou enlichites, disciples de Simon le magicien , des valentiniens, ridicules par leurs éones et par les noms barbares qu'ils leur donnaient , comme achamoth, saldabaoth, etc.; des gnostiques, appelés cainiies, séthiens, ophites, marcosiens, masbothéens, héracléonites, mslchisédéciens, phibionites, ptolémaïtes, secunniens, etc.; ceux que l'on a nommés apellites, apostoliques, basilidiens, cléobiens, docètes , ménandriens , hématites, gnosimaques , etc., ont la même origine.

7i. Ils ont eu pour adversaires les Pères le l'Eglise, les apologistes du christianisme. Nous ne nommerons que les principaux, la lise des autres serait trop longue; Cave, Dupin. Tillemonl, dom Ceillier les font assez connaître : les plus anciens ont été injustement accusés de platonisme, et on reproche à tous mal à propos d'avoir mêlé la métaphysique à la théologie.

Ou doit ilicer au premier siècle et au premier rang les Pères apostoliques. S. Barnabe, S. Clément, pape, S. Ignace, S. Polycarpe, Hermas, auteur du livre du Pasteur, Au ii» S. Justin , Tatien , Athénagore , Ilermias, S. Théophile d'Antioche, S. lrénée. Au me Minutius Félix, S. Clément d'Alexandrie , Tertullien, célèbre par son Apologétique et par son livre des Prescriptions , S. Hippolyte de Porto, Origène, S. Cyprien, S.Grégoire thaumaturge. Au W Lactance, Arnobe , Eusèbe , S. Hilaire de Poitiers , S. Athanase, S. Basile, S. Astcre, S. Ephrem, S. Cyrille de Jérusalem, S. Grégoire de Na-

76. Ils ont opposé à ces faux docteurs non-seulement les livres et le texte de l'Ecriture sainte, mais la tradition catholique ou universelle, venue des apôtres, attestée par toutes les églises particulières, surtout par la chaire de saint Pierre ou l'Eglise romaine. Ils ont ainsi démontré quelle est la

Vincent de Lérins,S. Pierre Chrysologue, Théodoret, S. Léon, S. Eucl.er de Lyon, S. Prosper, S. flilaire d'Arles. Au ri* Boëcc, S. lulqence, S. Césalre d'Arles. Au vir S. (iréqoire le Grand, S. Isidore de !-éviIle , S. Maxime, abbé. Au vine Bède et S. Jean Damascène.

l'opinion des invisibles.

77. De leur côté les hérétiques, par l'enchaînement et le progrès de leurs erreurs, par leurs divisions en plusieurs sectes, ont fait voir le danger de l'esprit particulier, la nécessité d'une autorité et d'un centre d'u-

nité en fait de religion, l'illusion de la prétendue réformation qu'ils voulaient faire, l'absurdité de leur distinction entre les traditionnaires et les textuaires, la fausseté de leur tolérance, l'inutilité des travaux des syncrétistes ou conciliateurs, l'irréligion des iatitudinaires ou collégiens.

78. L'Eglise n'a pas moins réprouvé les schismes et les schismatiques , dissertants ou dissidents, les novatiens et les sabbathiens, les mélétiens, les donatistes divisés en claudianistes , péliliens , maximionisles et rogatistes,leurs circonc(Uions,\i>s eïcètcs, les acéphales ou caucobardites, les agonisliuues , f/iblistes , borrétistes , les indépendants, les chercheurs, les tropites.

Un des schismes les plus fâcheux est celui qui a séparé les Grecs d'avec l'Eglise latine, qui fait distinguer les marionites ou Grêvs réunis, d'avec les melchites ou Grecs non réunis, parmi lesquels se trouvent les mtngréliens; le fameux Hébed-Jesu. ou Abdissi était maronite.

De même le schisme de l'Angleterre où l'on distingue les anglicans ou épiscopaux qui se nomment la haute Eglise, d'avec les presbytériens, non-conformistes pwnfuins ou séparatistes, divisés en plusieurs sectes.

79. En recommandant le zèle de religion , l'Eglise n'autorise ni l'intolérance ni la persécution, ni la violence contre les mécréants, lorsqu'ils sont paisibles; mais elle réduit la tolérance et la liberté de conscience à ses justes bornes. L'inquisition, nommée le Saint- Office, et ses procédures contre les hérétiques négatifs, les auto-da-fé ou supplices auxquels elle les condamne, ne sont point commandés par la religion. Les ilhaciens, persécuteurs des priscillianistes, ne furent point approuvés, mais condamnés.

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