‹ Œuvres completes de BergierChapitre 242 sur 255 · IU9 PART. IV. TH. DOGM. ET MOU. — SECT. 1. TH. MOU. — PLAN DK THEOL · texte numérisé non relu

IU9 PART. IV. TH. DOGM. ET MOU. — SECT. 1. TH. MOU. — PLAN DK THEOL

I i.Ml

luelle ; mais l'homme n'est pas renia juste

par 'l'imputation de la justice el des mérites de Jésus-Christ, et la grâce sanctifiante n'est point inarnissible.

86. Les sacrements tiennent tout à la fois au dogme, à la morale, au culte et à la discipline; il faut en connaître l'institution, le nombre, le minitli e, la matière, la forme, le» effets , lis dispositions qu'ils exigent, l'intention nécessaire pour qu'ils soient valides, les cérémonies qui les accompagnent. Sur tous ces points, les ascodruses , les manichéens nommés bulgares, cathares, joviniens, palatins, fienriciens, albigeois, célèbres par leurs coieraux routiers ou assassins, les priscillianistes, les lolanis, les vaudois, les wicléfites, les protestants, bisacramentuux ou trisacramentaires, ont enseigné des erreurs : l'E-

siens, les calvinistes nommés antiluthérient

arrhebonaires , énergiques ou énorgislcs, /î- (juristes, sacramentaircs, significatifs, zwtng liens, capuciati, et qui ont disputé mal à propos sur le mot antitype.

2° Ceux qui nient la transsubstantiation, les hussites ou frères (le Bohême, les luthériens appelés impanateurs , consubstanlialars, uhiquistes, adessenaires, les uns adiapborisl"s ou indifférents, les autres unliadiaphoristes , les pdl cl iers, etc., qui admettent tous dans l'eucharistie la consubstantiation.

3° Ceux qui blâment l'adoration du saint Sacrement, rejettent le sacrifice de la messe et l'élévation de l'hostie, soutiennent qu'il n'y a point là d'immolation ; l'Eglise enseigne la croyance contraire, atteste sa foi par la Fête-Dieu, par les dévotions de l'adoration

glisea décidé contre eux que les sacrements perpétuelle des quarante heures, des bénédic-

prodnisent la grâce ex opère operato.

87. Le premier des sacrements est le bapterne. Il efface le péché originel , nous dépouille du vieil homme, nous donne la grâce d-adoption, imprime le caractère indélébile ou ineffaçable de chrétien, d'enfant de Dieu et de l'Eglise, opère une palingénésie ou régénération, fait contracter des affinités spirituelles. Il n'a rien de commun avso le baptême des hémérobaptistes ou prélonuus chrétiens de saint Jean. Divers hérétiques nommés catabaptistes, adrianisles, ambrosiens, arnaldistes, petro-joannites, effrontés; les anabaptistes appelés aussi mennonites, monastériens, gabriélites, nu-pieds, divisés en clanculaires et en mini fes (aires, en sanguinaires et en pacifiques, les pHrobrusiens, les rebaptisants, etc. , ont nié les uns la nécessité du baptême, ont rejeté le pœd obaptisme ou le baptême d<s enfants; les autres en ont méconnu les effets, altéré la forme, etc.

88. Autrefois ce sacrement était donné par immession et non par aspersion; il l'est aujourdhui par infusion, c'est ce que signifie ondoyer. Les préparations, dont il était précédé, ont fait naître les noms de catéchèse, catéchisme on instruclion, catéchiste, catéchumène, caléchuménat, scrutin , prosélytes. Les termes de paralhèse, exorcisme , vœux «lu baptême, chrémeau, lamprophores, pâque anriotine, parrain, marraine, filleul, filleule, etc., se rapportent aux cérémonies. L'Eglise n'a jamais approuvé la conduite des cliniques ou grabataires, qui différaient leur baptême jusqu'à la mort.

89. La confirmation nous communique les dons du Saint-Esprit, le courage de confesser notre foi, le zèle pour notre religion ; les incrédules en appelant ce zèle fanatisme, enthousiasme, intolérance, en font sentir la nécessité. La matière de ce sacrement est la chirolonie ou l'imposition des mains, el l'onction du saml chrême qui est le myron des Gre< s.

90. Sous les espèces ou accidents du pain el du tin. 1 eucharistie contient le corps et le sang de Je.-.us-Christ ; telle a été dès l'origine la foi de l'Eglise. Consèqaemment elle a condamné, i" tous ceux qui ont attaqué la présence réelle, i<.i béfençariens, les pérrobru-

lions ou saluts, par le viatique porté aux malades et les fonctions de porte-Dieu.

4° Ceux qui ont changé la matière du sacrement, les artotyriles, les barsauiens ou semiduliles, les hydroparasles ou aquariens. C'est avec raison que l'Eglise latine se sert de pain azime,o\i pain à chanter, malgré lesclameurs des Grecs que nous nommons ferment.uires, comme ils nous appellent azimites.

• 5° Ceux qui soutiennent la nécessité de la communion sous les deux espèces, de la coupe ou du calice, et qui ont été nommés calixtins; il serait injuste que les abstèmes fussent [rivés de la participation à la table du Seigneur.

. G° Les stercoranisles dont les incrédules attribuent mal à propos l'erreur aux catholiques.

L'Eglise n'approuve aucun des excès dans lesquels on est tombé pour ou contre la communion fréquente; souvent elle a puni des clercs coupables en les réduisant à la commu' nion laïque ou à la communion étrangère.

91. 11 importe peu que la pénitence soit nommée métanoia, réconciliation, repen lance, etc., pourvu que l'on convienne que c'est un sacrement qui remet les péchés et les efface. 11 exige les actes du pénitent , qui sont la contrition ou au moins l'attrition, qui naît de la crainte filiale, la confession auriculaire, ou exliomologèse, et la satisfaction. Ces acles supposent l'examen de conscience, et la contrition ou componction renferme le ferme propos ou la résolution de ne plus pécher. Le sacrement opère son effet par l'absolution, conçue en forme judiciaire ou en forme déprécative. Pour absoudre validement, le prêtre a besoin de pouvoirs ou d'approbation; el ces pouvoirs peuvent être limités par les cas réservés, ou ôlés en certains cas par l'interdit ou l'm/erdtc/ion.La satisfaction exige toujours la restitution cl lu réparation du dommage causé au prochain.

92. Dans la pratique de la pénitence, l'Eglise n'admet ni le relâchement, ni la rigueur des novalicns, des montunistes, des lucifériens, des hofmanis t es, ni la prétendue consolation des albigeois. Quoiqu'elle approuve les anciens canons pénitentiaux, ou règles du pénitcntiel,la pénitence publique usitée autre

nrii

fois, elle soulient que cela n'est pas absolument nécessaire; conséquemment elle admet les pardons ou indulgences plénières ou limitées, les bulles el brel's de la pénitencerie qui les accordent, le jubilé el les stations; elle ne condamne point l'indulgence de portioncule. Elle ordonne un secret inviolable, et recommande la prudence aux confesseurs, aux directeurs de conscience, aux pénitenciers ; elle déplore le malheur des pécheurs qui meurent dans V impénitence.

93. V extrême-onction est destinée à effacer les restes du péché, à foriifi r les malades, à leur adoucir les angoisses de Y agonie et de la mort; c'est dans le même dessein que l'on a établi les prières et les confréries des agonisants.

94. Par le sacrement de l'ordre, par la cheirotonie ou l'imposition des mains que l'on^ nomme Yordination, l'Eglise consacre à D.eu des ministres du culte divin, des évéques, des prêtres, des diacres, des sous-diacres; c'est ce qu'on nomme les ordres majeurs ; les trois premiers forment la hiérarchie. 11 est constant, parmi les théologiens catholiques, que Yépiscopat est un sacrement et un ordre différent du simple sacerdoce; il en est de même du sous-diaconat; mais que l'état des diaeonesses n'était ni un ordre ni un sacrement.

Les ordres mineurs d'acolylhe, de lecteur, A'exorciste, de portier, sont destinés à maintenir la décence du culte divin ; quoique les étiergumènes, les possédés et les obsédés ne soient pas aussi communs aujourd'hui qu'autrefois, il ne s'ensuit pas que les possessions ou obsessions aient été des maladies naturelles, et que les exorcismes soient des abus.

95. Par les ordres, l'Eglise donne la mission à ses ministres et établit leur succession ; pour tous elle exige la vocation, y prépare les simples clercs par la tonsure et par les exercices des séminaires.

On a disputé sur la validité des ordinations anglicanes et du rite de Vordinal des Anglais , l'Eglise a suffisamment décidé la question en obligeant les anglicans qui rentrent dans son sein à une réordination.

96. Le sacrement de mariage est nécessaire pour perpétuer la soci été des fidèles, la bénédiction nuptiale pour sanctifier les engagements des époux, pour rendre les devoirs des pères, des mères, des enfants, plus

Morale chrétienne.

97. Lest principalement par la sainteté et par la sublimité de la moraleque l'on démontre la divinité dn christianisme. Celle morale enseignée dans l'Evangile prescrit toutes les vertus et proscrit tous les vices, établit clairement tous les devoirs de l'homme envers Dieu, envers le prochain, envers lui-même, réprime toutes les passions en défendant nonseulement les actions criminelles, mais les pensées et les désirs qui lendent au crime, même les péchés d'omission, surtout le scandale ou les mauvais exemples. Elle réduit tous nos devoirs à deux grands préceptes, savoir celui de Vamour de Dieu, el celui de Vamour du prochain; elle ne se contente pas des sentiments habituels des différentes vertus, elle veut que nous en fassions des actes et que nous prouvions nos sentiments par nos bonnes œuvres. Elle développe ainsret perfectionne la morale naturelle qui n'a jamais été bien connue avant la publication de l'Evangile.

98. Entre les vertus, celles que l'on nomme théologales tiennent le premier rang : ce sont la foi, l'espérance et la charilé. La foi est un hommage que nous devons à la véracitéSouveraine deDieu, lorsqu'il daigne nous instruire; elle exclut non-seulement Yincrédulilé , V infidélité , Y apostasie et Vhérésie, mais le doute ou le seplicisme volontaire, Yindifférence entre la vérilé et l'erreur, la profession des religions particulières fausses.

L'espérance chrétienne est fondée sur les promesses de Dieu, sur sa vérité ou fidélité à les accomplir , sur les mérites de Jésus- Christ ; celte confiance lient le milieu entre la présomption et le désespoir, entre la témérité de tenter Dieu et la défiance de sa bonté; elle bannit la crainte excessive, les scrupules mal fondés , la mélancolie religieuse, procure la paix intérieure et lajote du Sainl-Esprit.

On entend par la charité non-seulement l'amour de Dieu, mais encore l'amour du prochain. Sous le premier aspect celle vertu renferme la reconnaissance envers Dieu, la soumission et l'obéissance à ses ordres, la résignation à ses décrets. Sous le second elle s'étend plus loin que la justice, puisqu'elle renferme V humanité et la pitié; elle ne com-

doit donc proscrire la polygamie et le divorce, mais les secondes noces n'ont rien

; les fiançailles pour y préparer. On mande pas seulement l'aumône, mais toute

espèce de bienfaisance, bannit la haine, la malignité, la jalousie,

d'illégitime. Aussi l'Eglise a également ton- 99. Ce n'est pas sans raison que l'on

damné d'un côté la licence des barallots, des place immédiatement après les vertus théo-

communicants, des polygamistes, etc.; de l'au- logales la religion ; celle-ci renferme la piété

tre la témérité de ceux qui condamnaient le ou la dévotion; d'un côté elle condamne louto

marlagcdesabstinents nommés abélites,agyn- espèce A' impiété , comme le blasphème, les

niens, apostoliques, apolacliques, des lalia- jurements, les livres écrits contre la religion,

nistes, encratistes ou cathares, dosithéens, ['irréligion, ['irrévérence à l'égard de kiéracites,lucianistes, des prisciliianistes, des eustathiens, qu'il ne faut pas confondre avec les partisans A'Eusiathe, patriarche d'Antioche. Elle n'approuve plus les

mariages

contractés avant l'âge de puberté, elle veut que les femmes ne soient pas censées des esclaves.

les choses saintes, leur profanation, le parjure, le sacrilège, la simonie; de l'autre elle réprouve Y hypocrisie, la superstition el toutes ses pratiques, comme les ordalies ou épreuves superstitieuses, le pain conjuré, les prétendues sciences secrètes, Yarl des esprits, les a/7* de sahit Paul, les sr<rts des saints, la

1«j3 PART. IV. TH. DOG.M. LT MOR. — si:

torceilerie el la magie, la divination, l'ido/dfri>, l'usage des idolothytes ou viandes immolées, etc.; mais la religion ne défend point toute espèce de serment.

100. De tout tempfl les moralistes ont distingué quatre vertus principales ou cardinales : la prudence, la justice, la force el la tempérance ; mais ils n'en ont pas développé les devoirs aussi parfaitement que l'Evangile. Par la prudence, ils entendaient principalement la sagacité à démêler nos véritables intérêts pour ce monde; parcelle vertu, au contraire, l'Evangile entend la précaution à éviter ce qui peut mettre en danger notre salut ou celui des autres, sans exclure la simplicité chrétienne.

La justice évangélique proscrit tout ce qui peut blesser le prochain el lui porler du préjudice, soit dans sa personne, comme le meurtre ou Y homicide , sous lequel sont compris le pamcide, Yinfanlicide et toute espèce de violence; soit dans ses biens, comme le volt la fraude, les ravages, Y usure; soit dans son honneur, comme (a calomnie , la médisance, les outrages, le mépris ; soit dans son amour pour la vérité, qui lui fait détester l'imposture, le mensonge, même les fraudes pieuses et la flatterie, mais qui exige la candeur et la sincérité ; soit dans ses vertus, par le scandale : par conséquent la justice exige les restitutions ou les réparations, lorsque le droit d'autrui a été blessé.

Sous le nom de force, l'Evangile commande Hoo-seulemenl la patience dans les peines et la persévérance dans le bien, mais l'amour des souffrances ; il n'est pas vrai qu'il nous ordonne Yapathie des stoïciens, condamne le suicide, ni qu'il nous interdise la défense de nous-mêmes

La tempérance chrétienne ne se borne point à condamner la gourmandise, à prescrire la iobriété, elle va jusqu'à recommander Yubstinence et le jeûne ; non-seulement elle iuterdit les crimes opposés à la chasteté, tels que la fornication, Yadultère, Yinceste, la sodomie, la pédérastie, la bestialité; mais l'Evangile a mis en honneur la continence, les vierges et la virginité; il nous fait sentir les dangers du luxe, des spectacles, de la lecture des romans et des livres obscènes; sans nous ordonner le sac ou le cilice , les flagellations ni les excès des flagellants.

101. De même qu'il y a des verlus principales desquelles les autres sont des conséquences, il y a aussi des vices ou pèches que l'on nomme capitaux; l'Evangile n'en souffre et n'en excuse aucun. 11 réprime, 1° ('orgueil, la vaine gloire, l'amour-propre excessif, l'ambition des honneurs; il nous «rdonne la modestie , Y humilité , même l'amour des humiliations. 23 L'avarice ou rattachement aux richesses; il commande le dér.iméressement et Y aumône, sans approuver la prodigalité. 3' La luxure ou la volupté, et ses suites dont nous avons parlé. k° La gourmandise et tout ce qui est opposé à la tempérance, sans nous ordonner des austérités ou mortifications excessives. o° L'envie et la iulousie, passions très-différentes de l'émula-

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