‹ Œuvres completes de BergierChapitre 31 sur 255 · SS · texte numérisé non relu

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nécessairement de cette essence qu'il ne connaît point.

« 5° Que la matière, étant sans commencement, n'aura jamais de fin, quoique ses combinaisons et ses formes commencent et

suppose rien de réel hors de nous. » Une matière sage, juste, bonne, etc., est un verbiage insensé dont le matérialiste devrait rougir. L'idée de la perfection suppose l'idée d'intelligence ; la perfection n'est pas plus

finissent. » Nous avons déjà fait sentir qu'il une idée négative, que l'idée d'intelligence;

3' a contradiction à reconnaître une succès sion et un changement de formes dans un être éternel et nécessaire : qu'il est éternellement et nécessairement tout ce qu'il est : que raisonner autrement c'est ne plus entendre les termes.

« 6° Que la matière est infinie, et n'est peut-être bornée par rien (Lucrèce, liv. i,

jr. 957) ; qu'elle est présente partout, s'il n'y est capable de recevoir le mouvement; mais a point de lieu hors d'elle. » Nouvelle ab- elle est incapable de le donner, si elle ne l'a

elle suppose un but, une fin, un dessein, de la réflexion. L'auteur a reconnu un but dans la nature, et. il a confessé que la matière en est incapable. (V. première part., c. 5, § iet5.) « 12° Enfin, que la matière est le principe du mouvement; qu'elle le renferme en ellemême, puisqu'il n'y a qu'elle qui soit capable de le donner et de le recevoir. » La matière

surdité de supposer un infini, dont toutes les parties sont distinguées, et par conséquent bornées par elles-mêmes: la matière n'est pas présente par tout, puisqu'il y a de l'espace vide entre ses différentes parties.

« 7° Que la nature est unique, quoique ses éléments ou ses parties soient infiniment variées et douées de propriétés très-différentes. » La nature, c'est la matière et rien davantage : or il est contradictoire que la

reçu; elle n'en est donc pas le principe ; il y a contradiction à dire qu'elle renferme le mouvement en elle-même, et qu'elle le reçoit d'ailleurs.

Un être immatériel, simple, dépourvu de parties, privé d'étendue, de masse, de pesanteur, essentiellement actif, peut se mouvoir et mouvoir les corps par sa volonté : il peut les créer, les produire, les conserver, s'il est tout-puissant. Nous som-

matière soit unique, et composée de parties mes forcés de le concevoir ainsi, puisqu'on

infiniment variées ; c'est une aggrégation d'êtres différents.

« 8° Que la matière modifiée, arrangée, combinée d'une certaine façon, produit, dans quelques êtres ce que nous nommons l'intelligence ; c'est une de ses façons d'être, mais ce n'est pas une de ses propriétés essentielles. » Dans un Etre nécessaire , toute propriété est nécessaire et essentielle. Il est absurde de dire qu'une molécule non intelligente deviendra intelligente par une combinaison ou une situation différente : l'intelligence n'est ni une figure, ni une situation, ni un mouvement ; ou toute matière pense, ou aucune ne pensera jamais. La matière pensante est une contradiction.

« 9° Que la matière n'est point un agent libre, puisqu'elle ne peut agir autrement, qu'elle ne fait en vertu des lois de sa nature ou de son existence » : nous le savons trèsbien ; et comme nous sentons que nous sommes libres, en dépit de tous les sophismes des matérialistes, nous en concluons que nous sommes quelque chose de plus que de la matière. Des lois essentielles à la matière sont une chimère, si personne ne lui a prescrit de lois : la matière non intelligente ne s'est pas fait des lois à ellemême.

« 10° Que la puissance ou l'énergie de la matière n'a d'autres bornes , que celles que lui prescrit sa nature même. » 11 est absurde de supposer des bornes dans un être nécessaire : qu'est-ce qui peut prescrire des bornes à la nécessité absolue ?

« 11° Que la sagesse, la justice, la bonté,

ne peut le concevoir autrement sans contradiction.

L'auteur semble n'avoir résumé et rapproché ses principes, que pour nous faire mieux sentir l'inconséquence et l'absurdité du matérialisme.

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