‹ Œuvres completes de BergierChapitre 64 sur 255 · U TAUT. I. THEOLOGIE PHILOS. — SI LA FOI EST CONTRAIRE A LA RAISON · texte numérisé non relu

U TAUT. I. THEOLOGIE PHILOS. — SI LA FOI EST CONTRAIRE A LA RAISON

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qu'une vaine déclamation; or, c'est ce qui n'esl pas fort difficile. •

La liberté est h la vérité le pouvoir de se rendre malheureux, mais c'est aussi le pouvoir de se rendre heureux; le pouvoir «le se rendre malheureux considéré précisément comme tel, est un don pernicieux sans doute. N.ais d'autre côté le pouvoir de se rendre heureux est un bienfait très-estimable. Dieu aurait fait à l'homme une plus grande faveur de ne lui donner que le pouvoir d'être heureux ou ce qui est le même, de le rendre nécessairement heureux ; il lui aurait fait un mal de ne lui donner que le contraire. Mais est-ce un niai que de les lui avoir donnés tous les deux, ou de l'avoir rendu maître de son sort ? Bayle soutient hardiment ce paradoxe ; mais qui l'en croira sur sa parole, lorsque le sens commun s'y oppose? Que l'on consulte tous les hommes ; il n'en sera aucun, s'il n'est ou désespéré ou entêté des principes de Bayle, qui n'aime mieux exister avec le pouvoir ue se rendre heureux, que de ne pas exister; preuve certaine que la liberté en elle-même et le secours que Dieu y ajoute, sont quelque chose de bon, sont des bienfaits, et que l'on ne peut soutenir le contraire, sans contredire visiblement le sens commun.

Baj le, pour cacher le faible de ses rai-

sonnements, joint malicieusement l'abus des dons de Dieu avec ces dons mômes comme si ce n'était qu'une même chose ; i>l vaudrait mieux, leur dit-il, ne pas exister que d'être éternellement malheureux : cela est vi ai; donc, il vaudrait mieux avoir été privé des dons de Dieu que d'en avoir abusé; donc, cet abus est quelque chose de très-mauvais; tout cela est encore vrai; donc ces dons en eux-mêmes sont mauvais et pernicieux ; c'est ce qu'il faudrait prouver.

Mais il ne convient qu'à un ennemi de faire des présents dont il prévoit" que l'usage sera pernicieux; cela est vrai, s'il les fart dans l'intention qu'ils soient pernicieux ; mais s'il doune tous les moyens qui en peuvent rendre l'usage profitable, s'il avertit, s'i-1 menace, s'il fait des promesses, quand même il serait certain que tout cela sera inutile, qui peut l'accuser de mauvaise volonté en les donnant?

L'on remarque en passant que les raisonnements de Bayle sont invincibles contre lo sentiment des protestants et des jansénistes qui n'accordent pas à tous les hommes, un vrai pouvoir de se sauver, mais qu'ils sont absolument inellicaces contre l'opinion catholique que nous défendons.

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