DE QUELQUES ARTICLES DU DICTIONNAIRE PHILOSOPHIQUE PORTATIF
(Extrait du Journal lielvétique.)
Ce livre, qui paraît depuis peu de temps, a déjà excité l'attention de divers gouver-
(10) Déjà nous :i\ions édile à la suite de VApoloqie dt la reliqion chélienne, lome VIII, col. 017,
Déments; il a été flétri dès sa naissance. Celte juste censure, loin de prévenir les
cl siiiv., 1'opascalfl intitulé Réfutation des principaux articles du Dictionnaire thilosovltique, <|iiu"d uuus
effets pernicieux qu'il est capable de produire, ne servira peut-être qu'à piquer la curiosité d'un plus grand nombre de lecteurs. Il est de l'intérêt commun de l'humanité, de dévoiler les erreurs que l'on ose nous présenter sous le nom de philosophie ; de faire voir qu'au lieu de nous instruire, on nous séduit; que, sous prétexte de déraciner d'anciens préjugés, on nous en inspire de plus pernicieux ; qu'en feignant de nous guérir d'une crédulité excessive, on veut déraciner de nos cœurs tout sentiment de respect pour la vérité et pour les mœurs, pour les lois et pour la religion. Un ouvrage périodique ne peut être plus utilement employé qu'à précaulionner les lecleursvcontre les pièges que l'on tend à leur bonne Ifbty-et à venger la raison des outrages que lui fait tous les jours une fausse philosophie. L'on se propose de consacrer, tous les mois, un article à la réfutation de ce trop fameux dictionnaire. Sans s'informer qui en est l'auteur, on montrera qu'il n'a ménagé ni la vérité ni sa propre réputation; qu'il a également détiguré l'histoire, la morale, la métaphysique; que, s'il a cru ce qu'il avance, il est fort mal instruit; que, s'il no le croit pas, il est de mauvaise foi. On sera forcé, par les bornes étroites d'un journal, à traiter succintement les matières, mais on lâchera de ne rien omettre d'essentiel.