‹ Œuvres completes de BergierChapitre 78 sur 255 · DESTIN · texte numérisé non relu

DESTIN

Toute la doclrine renfermée dans cet article a déjà été enseignée par l'auteur sous le litre de Chaîne des événements, où nous avons vu qu'il soutient la fatalité absolue, (/est un tissu d'absurdités dont le lecteur le moins instruit peut aisément sentir le ridicule. On les retrouve encore dans les Mélanges de philosophie publiés sous le nom de Voltaire (tome 11, chap. 60), dans le Traité sur la tolérance ch. 13, page 141), el dans le roman de Zadig.

Il commence par une fausseté historique, c'est assez sa coutume. De tous les livres, dit-il, qui sont parvenus jusqu à nous, le plus ancien est Homère. Cela est taux. Les livres de Moïse sont antérieurs à Homère de plus de 700 ans, sans parler de ceux îles Chinois el des Indiens auxquels notre auleur attribue ailleurs une antiquité prodigieuse. Selon lui, Homère est le premier chez qui on trouve la notion du destin, dont les lois sont supérieures aux dieux mêmes; d'où il conclut qu'e//e était très en vogue de son temps. Il n'est pas aisé de sentir la justesse de cette conclusion, quoique le fait paraisse vrai en lui-même. Malgré les ténèbres du paganisme, tous les peuples ont conservé la notion d'un pouvoir suprême auquel élaieni soumis tous ces génies prétendus dont on croyait l'univers animé, el dont on avait fait des dieux. L'on concevait assez que ces dieux, ayant des intérêts différents, n'auraient jamais pu s'accorder dans le gouvernement du monde, s'ils n'avaient pas été maîtrisés par une loi supérieure; qu'étant tous jaloux, colères, vindicatifs à l'excès, le monde n'aurait pas élé habitable; s'ils avaient pu l'aire tout le mal qu'ils voulaient. La croyance du destin atteste la nécessité d'un seul Dieu, arbitre de l'univers. Notre auleur prétend que la secte des pharisiens emprunta des stoïciens la doclrine de la fatalité absolue. Mais il est faux que les pharisiens aient enseigné sans restriction ce dogme monstrueux. Josèphu qui parle de cette secte dans irois endroits de ses ouvrages, assure constamment que les pharisiens en admettant le destin, ne niaient point le libre arbitre, qu ils reconnaissaient dans l'homme le pouvoir de choisir le bien ou le mal. (Aut. jud.yl. xm, c 8; I. xvin, c. 2; De bello Jud., 1. il, c. 7.) C'est donc ici un nouveau trait de la lidéliié historique de notre auleur. Les philosophes, ditil, n'eurent jamais besoin ni d'Homère ïii des phurisiens pour se persuader que tout te fuit pur des lois immuables, que tout est arrange, yuc tout est un e/fel nécessaire. Nouvelle faus-

selé. Il

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