‹ Œuvres completes de BergierChapitre 83 sur 255 · FABLES · texte numérisé non relu

FABLES

pense que les pi us anciennes allégoriques. CeU peut être;

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L'auteur

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mais pour le prouver, ce n'est pas assez de citer celle qui est rapportée dans le neuvième chapitre du livre des Juges; personne n'a jamais douté qu'une fable où l'on fait parler des arbres ne soit une allégorie. La question est de savoir si les fables grecques rapportées par Hésiode , ce qu'il dit de Cœlus, de Saturne, de Jupiter, doit être entendu dans le même sens : il parait que notre critique n'a fias examiné celle matière d'assez près. Selon lui, la fable de Vénus est une allégorie de la nature entière. Soit. Il y a là-dessus une petite difficulté, comment des peuples assez grossiers, disons mieux, assez brutaux, pour diviniser l'amour sensuel et pour ériger des autels à la prostitution, onl-ils été assez pour peindre la nature sous une sublime? Les anciens Grecs n'étaient certainement pas philosophes, ils ne pensaient guère à étudier la nature; et l'on suppose qu'ils l'ont représentée sous la plus furie allégorie : Voilà ce qui n'est pas aisé à comprendre. La sagesse, dit-on , est conçue dans le cerveau du maître des dieux sous le nom de Minerve; l'âme de l'homme est un feu divin que Minerve montre à Promélhée qui se sert de ce feu divin pour animer l'homme. Cela est fort beau dans les écrits des platoniciens ; mais outre que l'on ajoute ici bien des choses qu'Hésiode n'a pas dites, croirons-nous que les Grecs des premiers âges étaient aussi subtils que les disciples de Platon? Avant que de copier les idées de ces philosophes, il aurait fallu penser à éviter le ridicule qu'on leur a reproché. Ils prêtent à un peuple encore barbare des réflexions métaphysiques, des fictions ingénieuses dont il n'était pas capable. On ajoute que la plupart des autres fables sont ou la corruption des histoires anciennes , ou le caprice de /' imagination. La décision est courte; mais elle laisse bien des doutes à éclaircir. Comment démêlerons-nous dans les fables celles qui sont des histoires corrompues d'avec celles qui sont purement allégoriques? Si les dieux et leurs fables sont un caprice de l'imagination, comment les Grecs se sont-ils avisés d'adorer ces êtres imaginaires? Comment accorderons-nous ce qu'on enseigne ici , avec ce qui est dit dans la Philosophie de l'histoire (chap. 5. v. 2), que tes plus insensés de tous ont été ceux qui ont voulu trouver un sens à ces fables absurdes , et mettre de la raison dans lu folie? Selon celte belle décision , voilà noire philosophe mis au rang des insensés. On pourrait faire bien d'autres questions. Une matière qui partage les savants depuis plusieurs siècles ne se décide point par deux ou trois conjectures en l'air. Cet article no nous apprend rien ; et ce sujet n'est pas mieux traité dans les Mélanges de littérature, d'histoire et de philosophie (OEuvres de Voltaire, tome V, p. 338j, où l'on dit à peu près les mêmes choses.

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