‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 106 sur 264 · LA CICATRICE · texte numérisé non relu

LA CICATRICE

Ferdinand avait reçu de la nature une ame pleine de noblesse et de générosité. Son esprit était vif et pénétrant, son imagination forte et sensible, son humeur franche et joyeuse, etses manières avaient une grâce animée qui lui conciliait tous les cœurs.

Avec tant de qualités aimables , il avait un défaut bien incommode pour ses amis, celui de s'affecter trop vivement des moindres impressions, et de s'abandonner en aveugle à tous les mouvemens qu'elles excitaient dans son ame.

Lorsqu'il jouait avec ses camarades , la plus légère contradiction irritait ses esprits fougueux ; on voyait le feu de la

colère enflammer tout à coup sou visage ; il trépignait des pieds , poussait des cris, et se livrait à toutes les violences de l'emportement.

Un jour qu'il se promenait à grands pas dans sa chambre , en rêvant aux préparatifs d'une fête que son papa lui avait permis de donner à sa sœur , Marcelin . son ami et son confident, vint pour lui communiquer les idées qui lui étaient venues a ce sujet. Ferdinand, plongé dans la rêverie, De l'avait pas aperçu. Marcelin , après l'avoir inutilement appelé assez haut, se mit à le tirailler deux ou trois fois par le pan de son habit , pour s'en faire remarquer. Ferdinand, impa-

Page 1