ADÉLAÏDE , THOMAS , GENEVIÈVE
Adélaïde, courant au-devant de Geneviève et l'embrassant. — Ma chère Geneviève!
Geneviève. — Ma bonne mamzelle Adélaïde ! ( On voit dans i éloignemcnl M. de Clermont, que Constantin conduit secrètement derrière le berceau. )
thomas à Geneviève. — Ah , ta vas apprendre une bien fâcheuse nouvelle!
Geneviève. — Je n'en ai pas de meilleures à vous donner. Mon père et ma m. re sont dans un chagrin....
thomas. — Ne vous l'avais-je pas dit?
bli! que s'est-il passé?
Geneviève. — Monsieur votre père peut bien être mécontent du nôtre ; mais sûrement sa demande est un peu injuste....
Adélaïde. — Injuste? cela ne peut pas être. Ah ! si elle l'était , je pourrais encore espérer de le faire reveuir. Dismoi toujours ce que c'est.
Geneviève. — Vous savez bien ce joli bosquet qui est derrière votre jardin?
Adélaïde. — Oh oui. Où nous allions entendre chanter le rossignol dans les soirées du printemps. Le charmant petit bocage !
Geneviève. — Vous savez aussi que ce bosquet a été donné à mon père par le vieux M. Drouillet , en récompense des services qu'il lui avait rendus pendant sa vie?
Adélaïde. — Eh bien ?
Geneviève. — Eh bien ! M. de Clermont veut l'avoir.
Adélaïde. — Mon papa?
thomas. — Notre joli bosquet?
Geneviève. — Mon père lui a répondu qu'il avait beaucoup de plaisir de le satisfaire , qu'il n'oublierait jamais combien lui et sa famille lui avaient d'obligations; mais que sou bienfaiteur lui avait recommandé , au lit de la mort , de ne jamais se défaire de ce bosquet , pour qu'il lui rappelât sans cesse son bon souvenir.
ADÉLAÏDE. Avec tOUt le TCSpect qUC
je dois à mon papa , je ne puis disconvenir qu'il n'ait tort en cette occasion. Mais cependant il ne voudrait pas l'avoir pour rien. Ce n'est pas là sa manière de penser.
Geneviève. — Eh mon Wea non! il veut le payer à mon père . et le payer peut-être plus qu'il ne vaut.
thomas. — Eh ! qu'en veut-il donc faire? n'est-il pas a lui comme a nous?
GENEVIÈVE. — H veut jeh t a l>as tous ' ces beaux arbres