‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 122 sur 264 · M. DE CLERMONT · texte numérisé non relu

M. DE CLERMONT

m. de clermont, pensif un moment.

— Oui , je le vois , je me suis laissé emporter trop loin. Quel exemple d'amitié, de reconnaissance et de générosité me donnent cesenfansl.il est vrai que j'avais défendu à Adélaïde.... Mais devais-je le lui défendre? devais-je éloufltr le sentiment que j'avais moi-même fait naître d;ms son cœur? Pouvais-je lui dérober l'unique bonheur dont elle jouisse dans cette solitude? le plus grand bonheur de la vie humaine , une société aimable et vertueuse avec des enfans de son âge? un

L AMI DES ENFAN.S

bien dont je ne saurais lui racheter la perte avec toutes mes richesses ? Et pourquoi? pour satisfaire uu vain caprice. Ma chère Adélaïde, ces grottes , ces ponts , ces temples chinois , tous ces orneuiens dont je voulais embellir mon jardin, rien n'aurait pu te faire oublier le bosquet sauvage où l'amitié trouvait un si doux asile. Quelle leçon pour moi ! Sans toi , j'allais perdre aussi cette douce amitié. Tu me conserves un bien si précieux. Tu me sauves une injustice et des remords ! Que ta noble conduite me fait sentir l'indignité de ton frère! Le méchant! sous quels traits affreux H vient de se montrer! Bannissons de mon cœur cette image accablante. Je brûle de savoir si M. Genest pense avec autant de noblesse que ses enfans. Le parti qu'il va prendre, va décider de mon propre bonheur. Je n'avais qu'un ami : ou il était indigne de mes sentimens, ou je vais le retrouver digne de moi. (Adélaïde traverse sur la pointe du pied le fond du théâtre; M. de Clermont l'aperçoit , et l'appelle.) Adélaïde ! {Elle veut continuer sa route, M. de Clermont l'appelle une seconde fois .) Adélaïde, approchez !

Page 1