‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 154 sur 264 · CHARLES , EDOUARD , ALEXIS · texte numérisé non relu

CHARLES , EDOUARD , ALEXIS

Charles. — avec l'air un peu embarrassé. — Bonjour , Edouard. Alexis est venu me dire que tu me demandais. Me

voici. Je suis cependant fâché

Edouard. — De quoi es-tu fâché, mon ami?

charles. — De ce que mes étrennes ont été si misérables , et de ce que je.... Edouard. — N'est-ce que cela ? Sois tranquille.

alexis. — Edouard n'en est que plus content de pouvoir suppléer a ce qui vous a manqué. N'est-ce pas, Edouard?

Edouard. — C'est de tout mon cœur.

(// prend Charles par la main , et le conduit vers la table.) Tiens, voilà tous mes présens que nous avons d'abord partagés on deux portions bien égales. J'ai encore ajouté quelque chose de plus a la tienne, pour ne te laisser rien à regretter.

alexis. — Il y avait deux choses qui n'étaient pas de nature \ être partagées, le microscope et le loto. Edouard, suivant vos conventions , pouvait les garder pour lui. 11 a mieux aimé vous donner le loto , de peur d avoir le moindre reproche à se faire.

Edouard. — J'ai regret que ces figures de porcelaine n'aient pu se partager par nombre égal. J'ai gardé les neuf Muses; mais pour remettre l'égalité , je te laisse, avec les quatre Saisons, un cent de jetons

de nacre et cette bourse qui me revenait. Tu n'en es pas moins le maître de choisir entre ces deux lots.

charles. — Eh non, mon ami, je suis content.

Edouard. — Je ne le suis pas encore , moi. J'ai laissé dans le buffet un gâteau dont la moitié m'appartient; je le le -donnerai tout entier. Je cours le chercher. (Il s'éloigne. )

charles veut courir après lui pour le rappeler. — Où vas-tu donc? ce n'est pas la peine.

alexis, l'arrêtant. — Laissez-le faire, monsieur Charles. (A Edouard.) Oui, va , va , mon ami.

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