‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 161 sur 264 · EDOUARD , CHARLES , ALEXIS , COMTOIS · texte numérisé non relu

EDOUARD , CHARLES , ALEXIS , COMTOIS

Edouard , ouvrant la porte à Alexis.

— Je te demande pardon, mon cher ami , de t'avoir fait attendre. C'est que nous étions occupés. ( Il le prend par la main , et se place de manière à lui cacher la corbeille et Comtois.)

alexis. — Et à quoi donc? ( Il surprend Charles gui fait signe à Comtois de sortir. ) A qui eu veut-il avec ses mines ? ( Il se retourne et aperçoit le domestique. ) Ha ! ha ! qu'est-ce qu'il porte là ? (llva vers lui, et veut regarder dans la corbeille.)

comtois , lui retetiant le bras. — Doucement, M. Alexis : c'est un secret.

alexis. — Comment, du mystère?

comtois. — Vous l'apprendrez tantôt

chez vous. ( Il veut sortir. Alexis l'arrête. )

alexis. — Je veux le savoir en ce moment. Ah ! si j'avais deviné 1 me feriezvous cet outrage , mes chers amis?

Edouard. — Qu'appe.les-tu un outrage? C'est le faible prix du service que tu viens de nous rendre. ( Il reprend la corbeille, et la lui présente. ) Oui , mon cher Alexis , tout cela est à toi.

charles , lui présentant aussi le paquet d'argent que Comtois lui remet. — Et ceci encore. ( Alexis le repousse.

Charles le jette dans la corbeille qu'Edouard continue de lui offrir.)

alexis. — Que faites- vous? Non, non, jamais.

Edouard. — Je le veux.

charles. — Je vous le demande en grâce. Soyez seulement mon ami comme vous l'êtes d'Edouard.

comtois. — Si j'osais joindre ma prière à celle de ces messieurs ! Vous leur feriez trop de peine de les refuser. Je voudrais bien avoir , comme eux , la liberté de vous offrir aussi mon présent. Il serait petit , mais je vous le donnerais de bon cœur. Vous êtes béni dans toute la maison.

alexis. — 0 mon cher Edouard, mon généreux Charles ! (// les embrasse.) El vous, mon brave Comtois! (en le regardant d'un air attendri) vous me faites pleurer d'admiration et de plaisir. Mais votre bon cœur vous conduit trop loin. Je n'ai point mérité ce que vous faites pour moi : je ne l'accepterai jamais.

Edouard. — Veux-tu me chagriner?

charles. — Est-ce que vous ne voulex point de mon amitié?

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