I. AMI DES EXFANS
plaindre des miens. Depuis dix ans , je n'en ai reçu aucun sujet grave de plainte. Je suis très-content d'eux, et ils le sont de moi. C'est, dit M. de Furcy , un bonheur bien peu ordinaire. 11 faut que vous aviez quelque secret particulier pour former de bons domestiques, et pour les maintenir dans Peur perfection. Ce secret est très-simple , répondit M. de Flore, et le voici , continua-t-il , en allant chercher une grande cassette. Je ne vous comprends pas, reprit M. de Furcy. M. de Flore , sans lui répliquer , ouvrit la cassette. M. de Furcy y vit six tiroirs avec ces éliquettes : Dépenses extraordinaires. — Pour moi. — Pour ma femme.
— Pour mes en fans. — Gages de mes domestiques. — Gratifications. — Comme j'ai toujours en avance un an de mon revenu, reprit alors M. de Flore, j'en fais six portions au commencement de chaque année. Dans le premier tiroir je
mets une certaine somme inviolablement réservée aux besoins imprévus. Dans le second , est celle que je destine à mon entretien. Le troisième renferme l'argent nécessaire pour les dépenses intérieures du ménage et les épingles de ma femme. Le quatrième, tout ce qu'il doit m'en coûter pour l'éducation soignée que je donne à mes enfans. Les gages de mes gens sont dans le cinquième. Daus le sixième enfin , sont les gratifications que je leur accorde. C'est à ce dernier tiroir que je dois le bonheur de n'avoir jamais eu de mauvais domestiques. L'argent de leurs gages est pour ce que leur devoir exige d'eux ; mais les gratifications que je leur distribue en certaines occasions sont pour ce qui n'est pas rigoureusement compris dans leur devoir, et que leur seule affection pour moi les engage à faire au-delà de mes ordres et de mes vœux, o