‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 167 sur 264 · L'ÉDUCATION A LA MODE · texte numérisé non relu

L'ÉDUCATION A LA MODE

M»« BEAUMO>"T.

LEOIVOR , sa nièce.

DmTF.R , son neveu.

PERSONNAGES

M. VERTEUIL. tuteur des deus enfans.

M. DUPAS, maître de danse.

FINETTE , femme de chambre.

La scène se passe dans un salon de l'appartement de Mme Beaumont SCÈNE PREMIÈRE.

Madame beaumont, m. verteuil.

Mme beadmont. — Non , monsieur Verteuil, je ne puis vous le pardonner. Pendant cinq ans n'être pas venu nous voir une seule fois , moi , ni votre pupille!

m. verteuil. — Que voulez- vous ? Les devoirs de mon état , la faiblesse de ma santé, la crainte des incommodités de la route....

Mme beadmont. — Quinze lieues! un grand voyage!

m. verteuil. — Très-grand pour moi, qui ne me déplace pas aisément. Mes in-

L AMI DES EN F AXS

Urmités ne me permettent pas plus de courir le monde , que de m'y promettre encore un long séjour.

sime beaumont. — Et à quel motif devons-nous enfin cette héroïque résolution?

m. tertecil. — Au désir de voir les enfans de feu mon ami , Léonor et Didier.

Mme beaumont. — Ah ! Léonor ! Léonor ! On devrait accourir , pour la voir un instant , des deux bouts de l'univers. Tant de talens ! tant d'esprit !

M. verteuil. — Vous m'inspirez une bien forte envie de la connaître. Où est-elle ? que j'aie le plaisir de l'embrasser.

Mme beaumont. — Elle est encore à sa toilette.

m. verteuil. — Comment ! a l'heure qu'il est ! Et Didier, pourquoi n'est-il pas venu de sa pension chez vous pour m'attendre?

sime beaumo.vt. — II était un peu tard hier lorsque vous m'avez fait annoncer votre arrivée. Les domestiques ont été fort occupés ce matin , et la femme de chambre n'a pu quitter un instant ma nièce.

m. verteuil. — Faites-moi le plaisir d'envoyer chercher tout de suite Didier. Dans l'intervalle , je monterai chez sa sœur.

Mrae BE4UM0NT. — Non , non , mOIÎ

cher M. Verteuil ; vous pourriez lui causer quelque saisissement, je cours la prévenir. (Elle sort.)

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