‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 184 sur 264 · I. AMI DES ENFANS · texte numérisé non relu

I. AMI DES ENFANS

vivrez encore long-temps pour notre avantage. Le Ciel ne voudra pas nous ravir si tôt un second père.

m. verteuil. — Je suis sensible a ta tendresse ; mais la prévoyance de la mort n'en avance point le moment fatal. Le sort de ta sœur me cause de plus vives inquiétudes. Enfin , j'ai résolu de lui laisser tout ce que je possède , pour qu'elle ait au moins de quoi se préserver de l'indigence.

didier, lui prenant la main. — Oh!

je vous remercie mille et mille fois.

Combien je me réjouis ! Irai-je lui annoncer cette heureuse nouvelle? Mais non, il vaut mieux qu'elle l'ignore. Qu'elle apprenne d'abord des choses utiles, comme si elle devait vivre de son travail. Elle en saura gouverner plus sagement sa fortune. 0 ma chère sœur ! je puis donc espérer de te voir heureuse !

m. verteuil. — Tu es un bien digne enfant! Ta raison ne me charme pas moins que ta générosité. Viens, mon cher Didier, que je l'embrasse. Moi, ne te rien laisser , et donner tout à ta sœur ! Comment pourrais-je commettre une telle injustice? Cette pensée était bien loin de mou esprit. Je voulais seulement le mettre à l'épreuve. C'est toi qui seras mon héritier universel ; et je cours faire mou testament à ton avantage.

didier. — Non, non, monsieur Verteuil, gardez vos premières intentions. Laissez tout à ma sœur. J'en deviendrai plus studieux et plus appliqué. J'acquerrai des talens utiles ; je serai un honnête homme. Avec cela, je ne suis pas inquiet de mon avancement.

m. verteuil. — Rassure-toi sur le compte de Léonor : je lui laisserai un petit legs, pour qu'elle ne manque jamais du nécessaire.

didier. — Eh bien, faisons un échange. Le petit legs a moi , comme un sou-

venir de votre amitié, et le reste pour ma sœur.

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