‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 186 sur 264 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

M. et Madame DE VALENCE.

m. de valence.— Voilà notre Valentin qui se promène dans l'allée avec un

ble désir de s'instruire qu'il ait toujours l'air occupe' de quelque lecture.

Mme de valence.— D'où te vient cette pensée, mon ami?

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ues-tu tantôt

L AMI DES ENFANS

d'un côté , lanlôt de l'autre, pour voir si personne ne fait attention a lui?

Mmc de valence. — Cependant ses maîtres rendent un témoignage très-flatteur de son application , et ils conviennent tous qu'il est fort avancé pour son

âge.

m. de valence. — Cela est vrai. Mais si je ne me suis pas trompé dans mes soupçons, si les petites connaissances qu'il peut avoir acquises lui ont donné de la vanité , j'aimerais cent fois mieux qu'il ne sût rien , et qu'il fût modeste.

Mme de valence. — Quoi! rien, mon ami?

m. de valence. — Oui, ma femme.

Un homme sans connaissances bien relevées, mais honnête, modeste et laborieux , est un membre de la société beaucoup plus digne de considération qu'un savant a qui ses études ont tourné la tête et enflé le cœur.

Mmc de valence. — Je ne peux croire que mon fils soit encore dans ce cas.

m. de valence. — Que le Ciel nous en préserve! Mais nous voici arrivés à la campagne; j'aurai plus d'occasions de l'observer moi-même , et je suis résolu de profiter de la première qui se présentera , pour éclaircir mes conjectures. Je le vois qui s'avance vers nous. Laisse-moi un moment seul avec lui.

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