‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 206 sur 264 · CASIMIR, PROSPER · texte numérisé non relu

CASIMIR, PROSPER

prosper. — Pourquoi m'empêcher d'aller me plaindre à maman? Moi, l'ami de ce pelit vaurien ! Je ne le serai jamais. Aussitôt que son père sera de retour , je veux lui dire conibieu il a été hargneux et querelleur , pour qu'il lui apprenne à se bien conduire envers nous.

casimir. — Mais crois-tu que notre papa ne sera pas chagrin de cette querelle? Et serais-tu content de toi, si tu l'affligeais.

prosper. — J'en aurais certainement du regret ; cependant comment faire? Si ce petit homme n'est pas corrigé dès le premier jour, ce sera des disputes éternelles dans la maison. Il cherchera sans cesse à nous mortifier. Moi , je ne suis pas endurant ; je me fâcherai , je lui apprendrai ce qu'il doit savoir ; et s'il s'avise de prendre un ton comme tout à l'heure....

casimir. — Que dis-tu , Prosper? J'espère que tu n'as pas envie de le battre?

prosper. — Mais tu n'entends pas (jue je me laisse battre par lui . j'imagine ?

casimir. — Non certainement.

prospek. — Quel parti faut-il donc qui' je prenne?

casimir. — Nous verrons dans le temps. Pour aujourd hui , il serait cruel de troubler la joie de son père.

prosper. — Que ce soit aujourd'hui ou demain , cela revient au même. Non, non , le plus tôt sera le mieux.

i \simik. — Mon frère. j<' L'en supplie, attends encore. Fabien n'est sûrement pas si mi;ili;nit que lu !<• penses.

prosper. — D'où le sais-tu ? Je le connais peut-être aussi bien que loi.

casimir. — Son père et ses sœurs nous eu ont toujours parlé comme d'un enfant très-doux et très-complaisant, qui n'avait d'autre plaisir que de se faire aimer de tout le monde.

prosper. — Vraiment oui , en me tournant le dos quand je veux Pcrabrasser.

casimir. — Il ne nous connaît pas encore. Il a pu se figurer que nous étions des frér dires.

prosper. — Comment pouvait-il le croire? Nous ne lui avons laissé voir que des sentimens d'amitié.

casimir. — 11 était peut-être dans un moment de chagrin.

prosper. — Et sommes-nous faits pour souffrir de son humeur?

casimir. — Il faut bien se pardonner quelque chose entre frères.

prosper. — Il semble qu'il dédaigne de nous regarder comme les siens.

casimir. — Non , je ne lui ai point trouvé cet air de hauteur que lu lui supposes.

prosper. — Qu'il y prenne garde , je ue lui en passerai aucun. Mais le voici qui vient avec ses sœurs. Je me relire. Je ne puis me souffrir auprès de lui.

casimir. — Attendons-les, mon frère, et prenons part à leur joie.

prosper. — Non , je pourrais la troubler. Je m'eu vais. (// sort.)

casimir. — Eh bien ! je te suis.) En sortant.) Il faut que je lâche d'adoucir son esprit.

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