FABIEN, PRISCILLE, AGATHE
priscili.e , en serrant la main de lrnhien. — Pourquoi l'affliger encore?
Hélas! mon frère , toutes nos plaintes ne sauraient nous rendre notre maman.
FABiE.v. — Mais au moins promcUezmoique nous penserons ;i elle toutes' les fois que nous serons ensemble
l'ami des en tans.
pkiscille. — Oui , Fabien, je croirai toujours la voir au milieu de nous , comme pendant sa vie.
fabien , prenant la main de Priscille et d'Agathe, et les regardant avec tendresse. — Mes chères sœurs , cette peu sée double le plaisir que je sens à vous retrouver.
priscille. — Aussi j'ai bien soupiré après toi, je t'assure.
agathe. — Et moi aussi; mon frère.
Nous pourrons à présent jouer ensemble comme autrefois. Casimir et Prosper joueront aussi avec nous. Oh ! ce sera un plaisir ! un plaisir ! (Elle frappe des mains et saute de joie.)
fabien. — Vous pouvez bien laisser l'a votre Prosper et votre Casimir.
priscille. — Comment donc, Fabien , est-ce que cela te ferait de la peine?
fabien. — Ils dérangeraient tous nos jeux. ï!s ne sont bons qu'à porter des plaiutes contre nous à leur mère , et à nous prendre ce qui nous appartient.
priscille. — Eux , mon frère? Comment peux-tu le penser?
agathe. — Tiens, vois-tu, Fabien?
(Elle lui montre un étui.)
fabien. — Et d'où te vient cela?
agathe. — C'est Prosper qui me l'a acheté de son argent.
priscille. — Regarde aussi ce portefeuille. On l'avait donné à Casimir ; il m'en a fait cadeau.
fabien. — Oui , je vois que vous êtes fort bien ensemble. Vous vous accorderez tous contre moi.
priscille et agathe. — Contre toi ?
fabien. — Certainement. Je sais qu'ils me haïssent. Ils m'ont déjà fort mal reçu ; et ne m'ont-îls pas aussi enlevé toutes mes fleurs.
priscille. — A qui en as-tu donc?
Qui t'a enlevé tes fleurs?
fabien. — Ces petits drôles avec qui vous êtes si bien d'accord.
priscille. — Je ne sais ce que lu veux dire. As-tu vu ton jardin?
fabien. — Je ne l'ai que trop vu.
Tiens, regarde toi-même. Où sont mes tulipes et mes œillets?
priscille. — Tu n'es donc pas allé près de la terrasse, là-bas sous les fenêtres de maman?
fabien. — Est-ce qu'il y a là un jardin ?
agathe. — Sûrement , et bien joli.
priscille. — Celui-ci était trop petit.
Maman nous en a fait donner un qui est six fois plus grand.
fabien. — Et qui en est le maître? les deux enfans gâtés sans doute.
priscille. — Non, non , il est à tous ensemble. Chacun a son carreau.
agathe. — Moi , tout comme les autres.
fabien. — Est-ce qu'il y en a un pour moi aussi?
priscille. — Mais sans doute , tu es le plus heureux. Tu n'auras pas eu la peine de le défricher , et tu le trouveras tout couvert de fleurs.
agathe. — Tu verras. Il y en a de rouges , de blanches , de jaunes , de bleues , de toutes les espèces , et toutes nouvelles.
fabien. — De qui me viennent-elles donc?
agathe. — De tes frères. Il y a un mois qu'ils passent tout le temps de leurs récréations à les cultiver. Ils ont pris les plus jolies de leurs platebandes , et les ont transplantées dans les tiennes, pour te causer une surprise agréable à ton retour.
fabien. — Comment! ils ont fait cela pour moi ? Dumout m'a dit qu'ils avaient tout fourragé.
priscille. — Oh! si tu en crois Dumont , tu es perdu. 11 voulait aussi nous