‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 36 sur 264 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

FRÉDÉRIC, LEONOR. JULIE, DOROTHÉE, ADÉLAÏDE , DUVERNEY l'aîné.

léonor. — Nous venons de voir sortir M. Robert en courant. 11 a passé devant nous sans nous saluer. Est-ce que vous vous êtes encore chamaillés ensemble ?

Frédéric. — Au contraire. Il me croit a présent le meilleur de ses amis. J'ai lait semblant de vouloir être de moitié d'une malice qu'il prétendait faire aux enfaus qui sont la-haut. .Mais il s'en mordra les doigts, je t'assure. Je ne crois pas qu'il ait envie de rentrer jamais dans cette maison.

léonor — Quel est donc ton projet?

Frédéric — Je te le dirai tout à l'heure. Je n'ai pas un moment à perdre. Il faut que tout soit prêt lorsqu'il reviendra. Permettez -vous, mesdemoiselles, que je sorte un instant?

Dorothée. — Oui , monsieur Frédéric , mais revenez bien vite. 11 nous tarde de savoir votre manœuvre.

Frédéric — Je me ferai un devoir de vous en instruire. Je suis ici dans la minute.

SŒNE X.

LÉONOR, JULIE, DOROTHÉE, ADÉLAÏDE, DUVERNEY l'aîné.

léonor. — Voilà deux bons vauriens ;m\ prises. Vais verrons ce qui en arrimi;i. L'un vaut bien l'autre.

duverney l'aîné. — Ah ! mademoiselle , de grâce ne faites pas cette injure à votre frère et à mon ami , de le comparer avec un aussi méchant garçon que Robert.

Adélaïde. — M. Duverney a raison.

L'un n'a que des gentillesses, l'autre ne lait qne des noirceurs.

julif:. — Toul cousu qu'il est de méchanceté, je sais sûre que mon fuie rattraperait mille et mille fois

dorothée. — Quel service il nous rendrait de nous délivrer de ce mauvais garnement! Nous n'aurions plus déplaisir à nous trouver ensemble s'il était de notre société.

léonor. — Pourvu que Frédéric ne pousse pas les choses trop loin ! Il se croira peut-être tout permis envers lui.

duverney l'aîné. — 11 n'en saurait jamais faire assez. Ces âmes noires et basses ont besoin d'être frappées à grands coups. C'est le meilleur service qu'on puisse lui rendre ; et je suis persuadé que son père nous en saura un gré infini. Hélas ! il donuerait la moitié de sa fortune pour avoir un enfant comme Frédéric.

dorothée. — Ah ça, Léonor ! ne va pas au moins contrarier ton frère dans ses desseins.

léonor. — Mais, ma chère amie, ma position est fort délicate. Je tiens ici la place de maman , et je ne puis rien permettre qu'elle n'eût elle-même approti\ é.

Adélaïde. — Laisse-le faire. Nous prenons tout sur nous.

julie. — Oui, ma sœur. Guene.

guerre aux médians !

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