‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 68 sur 264 · M. DE MELFORT , SOPHIE , AGATHE , CHARLOTTE, SAINT-FIRMIN · texte numérisé non relu

M. DE MELFORT , SOPHIE , AGATHE , CHARLOTTE, SAINT-FIRMIN

m. de melfort. — 0 mes chers enfans ! que ce jour aurait été heureux pour moi si , en admirant la générosité de vos sentimens , la pensée de l'indignité de mon fils ne venait empoisonner mon bonheur ! Mais non , il ne doit pas l'empoisonner. Dieu m'a fait présent d'un autre fils eu toi , mon cher Saint-Firmin : si tu ne l'es par la naissance , tu l'es par les liens du sang et par un cœur digne de moi. Oui , tu seras seul mon fils... Mais , où est Charles? Va le chercher, et amènele-moi tout de suite ici. (Saint-Firmin sort.)

sophie. — 11 y a près d'i"*» heure

que nous ne l'avons vu. Pendant que le petit garçon nous faisait danser un menuet, il a disparu avec sa portion de gâteau.

saint-firmin , en rentrant. — On l'a vu eutrer ici près chez un confiseur. J'ai dit a Lafleur de l'aller chercher.

m. de melfort. — Mes enfans, passez dans mou cabinet; je veux savoir ce qu'il aura l'effronterie de me répondre. Quand j'aurai besoin de témoins, je vous appellerai.

CHARLOTTE ET AGATHE. — En Ce Cas ,

nous allons nous retirer.

m. de melfort. — Non , mes enfans, je vais envoyer dire à vos parens que vous passerez ici le reste de la soirée. Vraisemblablement le vieux Jonas et son digne fils seront nos convives. J'ai besoin de quelque baume pour la cruelle blessure que Charles a faite a mon cœur, et je n'en connais point de plus salutaire que l'entretien d'aimables enfans comme vous.

sophie , prêtant l'oreille. — Je crois entendre venir Charles. (M. de Melfort ouvre la porte de son cabinet; les enfans s'y retirent.)

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