‹ Œuvres complètes de BerquinChapitre 65 sur 197 · IG · texte numérisé non relu

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les arbres sont à moi. Ainsi, de loulo manière, les fruits doivent aussi m'apparlenir.

M. Dupuis. — Comme vous dites , les fruits qui viennent au-dessus du sol de votre voisin sont a lui.

SIMON. — Le pied de l'arbre est sur ma terre, je dois en profiter.

M. DUPUIS. — Les branches vont sur la sienne, elles ne doivent pas lui nuire.

SIMON. — Pourquoi voulez-vous qu'il ait les fruits de l'arbre que mes soins ont fait réussir?

M. DUPUIS. — Pourquoi voulez -vous que la proximité de votre arbre empêche les siens de prospérer?

SIMON. — Nous verrons si la loi.. . .

M. DUPUIS. — Elle est contre vous.

Elle autorise votre voisin à recueillir tout ce qui est au-dessus de son terrain , et vous ne pouvez l'en empêcher par la force, s'il ne veut pas céder à votre prière.

SIMON , en enfonçant son chapeau sur ses yeux, et en mettant ses poings sur ses côtés. — A ma prière, monsieur ! à ma prière 1 Oh 1 je vois bien que vous ne connaissez pas le gros Simon.

M. DUPUIS. — En effet, je m'aperçois que je vous ai mal connu jusqu'ici. Je VOUS regardais comme un homme doux et paisible : je vois maintenant que vous êtes dominé par un esprit de tracasserie et de chicane.

SIMON. — Comment, monsieur, qu'oscz^vous dire?

M. DUPUIS. — Ce que la force de la vérité et votre intérêt même m'obligent de vous révéler. N'avez-vous pas de honte, monsieur Simon ? Un homme comblé des dons du ciel , comme vous l'êtes, vouloir, par humeur , entreprendre un procès injuste contre ses propres voisins ! Avezvous donc oublié cette première maxime de notre religion : l,((, mesure dont vous

vous servez pour les autres, le ciel dans sa justice s'en servira pour vous?

SIMON , d'un ton moqueur. — Vous me parlez , monsieur , comme si je vous avais choisi pour directeur de ma conscience.

M. DUPUIS. — 11 me suffit d'être homme pour vous dire que ce n'est pas l'être que d'entreprendre un procès, quand on a contre soi la loi , la religion et Ihumanité. Je crois après ce discours que ma présence ne vous est plus nécessaire. Ainsi je me retire.

SIMON , sans ôler son chapeau. — Adieu, monsieur.

ToiNETTE , après un moment de silence. — Eh bien ! mon ami , tu l'as entendu?

SIMON. — Tais-loi , tu n'es qu'une femme et lui aussi. M. le Dru est bien un autre avocat que ce nigaud. C'est à lui que je vais m' adresser.

TOINETTE. — Ah! mon ami, si lu m'aimes encore , ne va pas te met Ire entre les mains de ce méchant homme.

Puisque tu veux avoir des conseils , vas-en plutôt demander a M. le curé. Tu sais qu'il nous en a donné jusqu'à présent de si bons !

SIMON. — Oui, je n'aurais qu'à suivre les liens pour me conduire. Comme si un curé s'entendait à un procès aussi bien qu'à un prône. Ce n'est pas un prône , c'est un procès qu'il me faut ; et M. le Dru fera mon affaire. Je cours le trouver d.e ce pas.

Toinette eut beau chercher à le lelenir par les plus tendres caresses , son mari la repoussa brusquement, et, après l'avoir menacée de sa colère si elle s'obstinait davantage à l'arrêter , il sortit.

Le moyen le plus sûr de renconlier M. le Dru, était de ne pas aller le chercher dans son cabinet. Aussi Simon, qui connaissait très-bien ses allures, se mit-il à sa piste de taverne en taverne. C'est en ces lieux qu'il tenait ordinairement ses

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assises. Il n'en sorlait {jucre, surtout les jours où le marché y attirait une foule de paysans de tous les cantons d'alentour. Mêlé parmi eux , il les provoquait à boire, cl lorsque dans les fumées du vin il survenait entre eux quelque petit différend , il savait bientôt en faire une querelle sérieuse , sur laquelle il y avait des plaintes à porter eu justice, iantôt il excitait les entrepreneurs à revenir sur leurs marchés, les fermiers sur leurs baux, les frères et les sœurs sur leurs partages ; tantôt il animait les femmes à se séparer de leurs maris, les enfans à plaider contre leurs pères, les valets à se plaindre des vexations prétendues de leurs maîtres, et les créanciers à poursuivre impitoyablement leurs débiteurs. Il n'y avait point de famille où il n'eût essayé défaire entrer la discorde. Et lorsque tout était dans le trouble et dans la division, quel parti croyez-vous qu'il s'offrît de soutenir? le plus juste? Oh! non. La marche d'une bonne cause était trop droite pour lai. Il trouvait mieux son compte à se charger de la mauvaise, parce que, sous prétexte de la mieux défendre, il pouvait y entasser autant de chicanes qu'il le voulait , surtout si celui qui l'employait était riche et de mauvaise foi.

Il avait été souvent interdit de son état pour des traits de friponnerie; mais cela ne l'embarrassait guère, parce que lorsque ses fonctions étaient suspendues , il avait deux ou trois praticiens de la même trempe que lui qui lui prêtaient leur nom. Le sien était dune si mauvaise odeur dans le tribunal, que les juges avaient besoin de toute leur intégrité pour n'être pas disposés à le condamner , même avant de l'avoir entendu. Il fallait qu'ils redoublassent d'attention et de recherches dans toutes les affaires où il était employé , parce que dans la plus simple ils soupçonnaient toujours de sa part quehiuc noir arliflce.

C'est en de pareilles mains qu'alla se jeter imprudemment le malheureux Simon. On devine bien qu'au lieu de le détourner , comme M. Dupuis , d'entreprendre un procès si injuste, M. le Dru , ne fit que l'animer à l'intenter. Lorsqu'il eut examiné les titres de la succession de son oncle, il lui lit entendre que c'était peu des pommes dont il demandait la restitution à Thomas, quil avait encore des droits sur tout son champ , et qu'il avait trouvé dans ses papiers de quoi justifier ses prétentions et les faire réussir.

Après avoir ainsi fait naître la convoitise dans le cœur de Simon, en lui représentant que son domaine allait doubler de prix, s'il pouvait y réunir celui de son pauvre voisin, il se mita travailler en conséquence, en falsifiant les titres, et en changeant les dates , pour avoir occasion de renfler la procédure de tout l'embonpoint que la chicane pouvait lui donner.

Le pauvTe Thomas, qui se .souvenait toujours des premiers bienfaits de Simon, ne voulait point plaider contre lui. Il offrait de lui céder toutes ses demandes.

Mais ce n'était pas le compte de M. le Dru : il sut adroitement piquer l'amour-propre de son client, en lui disant qu'il ne lui convenait pas de paraître recevoir en don une chose qui lui appartenait ajuste titre ; que d'ailleurs Thomas, quand il lui plairait, pourrait revenir sur celte affaire, qu'il ne serait jamais tranquille possesseur que par un bon jugement; et enfin qu'il ne devait pas mollir dans cette rencontre, pour en imposer aux paysans de la contrée, et les empêcher de jamais oser rien entreprendre contre lui.

C'est ainsi que malgré les offres de Thomas, malgré les supplications de sa femme, malgré les représentations du curé et de tous les gens de bien , il eut le secret d'entretenir Simon dans ses idées d'usurpation cl de violence jusqu'au jour où l'affaire

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devait se juger. Mais que ce jour fut terrible pour lui ! L'indignation et Iliorreur de tous ceux qui assistèrent à la plaidoirie, hii annoncèrent sa sentence avant qu'elle fût prononcée. Il perdit son procès tout d'une voix , et fut condamné aux dépens. La pauvre Toinette , qui , pendant tonte la nuit, avait eu les oreilles déchirées des blasphèmes et des imprécations de son mari, alla le lendemain consulter son digne pasteur pour l'engager à détourner Simon d'appeler de ce jugement , comme il se le proposait. Après avoir médité quelque temps, le curé lui fit part d'un expédient qui se présentait à son esprit , et sur lequel il fondait les plus grandes espérances. 11 fut convenu qu'on en ferait usage le jour que la sentence serait signifiée à Simon.

Ce jour venu , le sergent du tribunal , qui par hasard était un honnête homme , aprèss'êtreconcerté la veille avec Toinette et le curé, se rendit a la maison de Simon, où Toinette, se trouvant seule, le fit entrer.

Ah! monsieur le sergent, lui dit-elle, soutenez-moi bien , je vous prie.

LE SERGENT. — Laisscz-mol faire: j'agirai comme nous en sommes convenus.

Avez-vous fait venir les petits mendians?

TOINETTE. — Oui, oui , je les ai fait cacher dans la grange avec mes enfans ; j'irai les chercher lorsqu'il le faudra , pour qu'ils viennent remettre à Simon la lettre de M. le curé.

LE SERGENT. — VoUS pOUVCZ doUC

maintenant appeler votre mari.

TOINETTE, allant à la porte du jardin.

— Simon , Simon, voici un monsieur qui te demande.

SIMON, du fond du jardin. — J'y vais.

TOINETTE. — Le voici. Oh ! comme le cœur me bat !

LE SEîiGENT. — Mousicur Simou, voici une sentence du tribunal , que je vous apporte, avec un commandement de me

payer sur l'heure cent cinq livres dixsept sols trois deniers.

SIMON. — Pourquoi donc cela, je vous prie?

LE SERGENT. — C'cst pouF Ics frais du procès que vous venez de perdre.

SIMON. — Que dites-vous? cent cinq livre, dix-sept sous trois deniers?

LE SERGENT. — Oui I tout autant.

Donnez-vous la peine de lire. La taxe est faite par les juges eux-mêmes.

SIMON, après avoir parcouru le papier timbré, le jette avec fureur sur la table. — Je veux que cent cinq livres de plomb me tombent goutte à goutte sur le cœur , si VOUS avez de moi cet argent.

LE SERGENT. — Laissons là, de grâce, les imprécations; vous devez sentir que cela ne sert à rien.

TOINETTE, avec un soupir. — Oh non!

certes.

SIMON, la prenant rudement par le bras. — Que dis-tu là, toi? Marche à ta quenouille, et n'emploie ta langue qu'à mouiller ton fil... Cent cinq livres dixsept sous trois deniers !

LE SERGENT. Tout cc qui m'étonoc , c'est que vous vous en soyez tiré encore à si bon compte : il pouvait vous en coûter votre ruine totale. Souvenez-vous du fermier Denis : il était riche comme vous ; un mauvais procès l'a mis sur la paille ; et vous l'avez vu mourir cet hiver en prison de misère et de désespoir, laissant après lui une femme et trois enfans sans pain. Vous n'auriez pas dû entreprendre ce procès, monsieur Simon.

SIMON. — Oui , je devais me laisser voler impunément! ( // se frappe un rude coup sur le front. ) Mais je n'eu resterai pas là , je veux en appeler ; j'en appellerai à tous les tribunaux du monde , quand je devrais y manger tout mon bien.

TOINETTE , sorlant de la maison en pleurant. — Juste ciel ! daigne nous

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prendre en pitië, {A pari). Je vois qu'il est temps de frapper le graud coup.

i-E SERGEÎNT. — lîcoutez , uionsieur Simon. Je trouve mon profit à ce qu'il y ait beaucoup de procès devant le tribunal , car je ne vis que de cela. Mais je donnerais volontiers tout ce qui me revient dans cette affaire , pour que vous ne vous y fussiez pas embanjuë. Les ju^es qui vous connaissent ne peuvent comprendre comment vous avez pu faire une si injuste querelle à votre voisin, et comment vous n'avez pas ensuite reçu ses propositions d'accommodement. Tout le village pense mal de vous , je vous en avertis.

SIMON. — Eh I que m'importe le village? Allons , allons , je vais faire donner l'avoine à mon cheval . H faut que je coure h la ville chercher un avocat.

LE SERGENT. — Doucemcnt. Rien ne presse. Vous aurez tout le temps qu'il vous faut pour cette nouvelle extravagance.

SIMON , d'un air imposant. — Monsieur le sergent, savez-vous que vous êtes dans ma maison ?

LE SERGENT. — Vous n'y serez plus bientôt, si vous continuez. Denis, vous le savez , n'est pas mort dans la sienne.

SIMON. — Pourquoi me parlez-vous toujours de cet homme-l'a?

LE SERGENT. — C'csl que jc le vois encore dans sa prison étendu sur la paille. Jamais, s'écriait-il en mourant, jamais je ne pourrai rentrer en grâce avec Dieu. Je meurs dans une prison , je meurs insolvable, je meurs en laissant mes enfans et ma femme sans pain. Vous avez aussi une fename et des enfans , monsieur Simon. Vous m'entendez?

{in moment de silence, pendant lequel Simon tombe dans une profonde rêverie. Il en sort à la voix de la petite Marguerite et du petit Lubin ses enfans, qui entrent avec trois autres enfans tout couverts de guenilles. Toinetle les suit.)

MAiiGi iKiTE. — Mon père, voici de petits malheureux que je vous amène.

LUBIN. — Ils vous apportent une lettre de M. le curé.

( Les autres enfans s'avancent vers Simon et lui présentent la lettre. Si^noîi se détourne oi disant) :

La tête me fait trop de mal. Je ne saurais à présent lire celte lettre.

LE SERGENT, — Elle est ouvcrte. Je vais la lire pour vous. (Il prend la lettre et lit) :

Mon cher Simon ,

Vous avez toujours été un homme l)ienfaisant. Je vous recommande avec les plus vives instances les trois petits malheureux que je vous adresse. Leur père est mort, comme vous le savez , de misère et de chagrin , pour un procès injuste qu'il avait entrepris. J'ai trouvé le moyen de placer sa veuve. Mais les enfans sont trop petits pour que personne veuille les recevoir. D'ailleurs le nom de Denis est devenu si odieux, qu'ils sont repoussés partout où ils se présentent. Vous ne les repousserez point, vous que j'ai trouvé si charitable dans toutes les occasions. Vous joindrez vos secours aux miens pour soularjer leurs malheurs, et les empêcher de charger la mémoire de leur père de malédictions.

Votre bon pasteur, S. Amand.

LE SERGENT. — Eh bien ! monsieur Simon , que répondrai-je pour vous à celte lettre?

SIMON , cachant sa tête dans ses mains. Éloignez ces enfans ; qu'ils reviennent une autre fois !

MARGUERITE. — Mais , Hiou père , en attendant, ils vont mourir de faim.

SIMON. — Eloignez-les, vous dis-je.

LE SERGENT. — Nou , uoH , moDsieur Simon, qu'ils restent. Vous avez besoin d'eus. Ils vous nommeront les tribunaux où vous pourrez porter votre appel.

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SIMON, avec colère. — Monsieur le sergent !

LE SERGENT. — Ils VOUS diront, mieux que moi, quelle est la mort d'un homme processif.

SIMON. — Encore une fois, monsieur le sergent!...

LE SERGENT. — Ils VOUS dirout de quel œil ils regardent aujourd'hui la fosse de leur père.

SIMON. — Qu'osez-vous dire en présence de mes enfans? {A Toinette). Toinette emmène- les jusqu'à ce que j'aie répondu à ceux-ci.

TOINETTE. — Eh! mon ami, pourquoi séparer les tiens des autres? Il faut bien qu'ils apprennent d'eux à mendier un jour leur pain.

SIMON, se levant tout à coup. — Oh !

qu'ai-je entendu ! C'en est trop , je ne puis résister à ce dernier coup ; non je ne plongerai point mes enfans dans la misère. Non, ils ne me maudiront point.

Mes yeux s'ouvrent sur ma folie; je veux demander pardon à mon voisin de tous les maux que je lui ai causés. Je lui ferai tant de bien, quïl sera forcé d'oublier mon indigue conduite.

TOINETTE , se jetant dans ses bras. — Oh! mon cher homme, te voilà, je te reconnais à présent. Tu es celui qui m'avait toujours rendue heureuse. Je ne sais plus si je pourrai suffire à t' aimer autant que je le veux.

LE SERGENT. — Monsicur Simon, vous sentez en ce moment ce que l'on gagne à être un homme de bien.

SIMON , lui tendant la main. — Si tous les gens de loi étaient aussi honnêtes que vous! {Tendant l'autre main à Toi?ielte.) Si tous les plaideurs avaient une femme comme la mienne ! (// les embrasse tous les deux.) Allons, je vais compter les cent cinq livres dix-sept sous trois deniers. Quelque cher qu'ils me coûtent , jamais je n'aurai donné d'argent de si bon cœur.

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HliFLliXIONS

Sur les trois histoires précédentes.

Dans les trois histoires précédentes que vous venez de lire, mes chers amis , vous avez vu les malheurs où une obstination aveugle précipite les hommes. Avez-vous connu des gens plus insensés que ces personnages dont je vous ai peint la folie? iNon , sans doute , répondez-vous ; et à leur place, nous nous serions bien gardes de faire comme eux. Oui , vous le croyez, parce que vous êtes maintenant de sangfroid. Mais qui peut vous garantir que vous auriez été plus sensés ? Les deux premiers étaient frères et avaient été liés ensemble dès le berceau. Les seconds étaient bons amis depuis plusieurs années; et ils Irouvaieut leur intérêt, autant que leur plaisir, à vivre dans cette parfaite intimité. Les derniers, enfin, étaient unis par des nœuds qui peut-être devaient leur être plus sacrés encore, puisque l'un était lié par les bienfaits et l'autre par sa reconnaissance. Combien de raisons pour

les détourner de Icursquerelles honteuses! Et cependant vous voyez que des raisons si puissantes n'ont pu les soutenir contre d'indignes passions. Avec quel soin devezvous donc vous délier de vous-mêmes!

Qu'il me soit permis ici de vous dénoncer trois de vos plus grands ennemis : le fol entêtement, qui ne vous laisse rien entendre de tout ce qui peut contrarier une idée que vous avez conçue , quelque extravagante qu'elle soit; la basse envie, qui vous rend jaloux de la moindre prospérité de vos égaux, et qui vous fait croire tout permis contre ceux que leur habileté ou l'économie de leurs pères ont rendus plus riches que vous; enfin, le vil intérêt, qui vous ferait tout enfreindre pour le gain le plus sordide. Ce dernier surtout est le plus dangereux , parce qu'il tend à étouffer les sentimens de justice naturelle que le Ciel a mis au fond de nos cœurs. En est-il beaucoup parmi vous qui eussent écouté ces sentimens , comme le jeune enfant dont je vais vous raconter l'histoire ?

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