LA PROPRIÉTÉ, OU LE TIEN ET LE MIEN
M. DE VERTEUIL , ADRIEN , son fils , et une petite llUe.
ADRIEN. — Voyez , mon papa , les jolies fleurs ! je vais en cueillir.
M. DE VERTEUIL. — Nou , s'il te plaît, Adrien; ne t'avise pas d'y toucher.
ADRIEN. — Et pourquoi donc, mon papa , je vous prie ?
M. DE VERTEUIL. — C'cst qUCCCS flcUIS
ne sont pas à toi ; elles appartiennent au jardinier qui demeure Fa-bas dans cette petite cabane.
ADRIEN. — 0 mon papa! rien que deux ou trois seulement.
M. DE VERTEUIL. PaS Uno SCUlc.
Ne le souviens-tu pas, mon fils, que (u vins te plaindre l'autre jour de ce que ta sœur avait arraché tes laitues , pour semer à la place du réséda ?
ADRIEN. — Eh ! mon papa , n'avaisje pas raison? j'avais pris tant de peine pour faire venir mes laitues!
M. DE VERTEUIL. — Qu'avais-tu donc fait pour cela ?
ADRIEN. — Vous le savez bien , puisque vous m'avez vu faire mon jardin.
C'était un petit coin de terre plein de mauvaises herbes et de cailloux ; j'avais passé trois jours entiers à enlever les racines et les pierres , et à nettoyer la place