‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 11 sur 102 · PORTRAIT D'EUCHARIS · texte numérisé non relu

PORTRAIT D'EUCHARIS

Regardez Eucharis, vous qui craignez d'aimer, Et vous voudrez mourir du feu qui me dévore. Vous dont le cœur éteint ne peut plus s'enjQammer, Regardez Eucharis» vous aimerez encore.

Il fiiut brûler, quand de ses flots mouvans La plume ombrage, en dais, sa tête enorgueillie ;

Ù faut brûler, quand l'haleine des vents Disperse ses cheveux sur sa gorge embellie.

Un air de négligence , un air de volupté , Le sourire ingénu , la pudeur rougissante , Les diaman» , les fleurs , l'hermine éblouissante , Et la pourpre et l'azur, tout sied à sa beauté. Que j'aime à la presser, quand sa taille légère Emprunte du sérail les magiques atours; Ou qu'à mes sens ravis sa tunique étrangère D'un sein voluptueux dessine les contours!

a4 LES AMOURS.

L* Amour même a poli sa main enchanteresse;

Ses bras semblent formés pour enlacer les dieux :

Soit qu'elle ferme ou qu'elle ouvre les yeux ,

Il faut mourir de langueur ou d'ivresse.

Il faut mourir, lorsqu'au milieu de nous Eucharis , vers le soir, nouvelle Terpsichorc, Danse,'ou prenant sa harpe entre ses beaux genoux. Mêle à ce doux concert sa voix plus douce encore. Que de légèreté dans ses doigts délicats !

Tout l'instniment fi:*émit sous ses deux mains erraQtes ; Et le voile incertain des cordes transparentes, Même en les dérobant, embellit ses appas.

Tel brille un astre pur dans le mobile ombrage ; Telle est Diane aux bains , ou telle on peint Cypris

Dans Amathonte , à ses peuples chéris

Se laissant voir à travers un noage.

O vous, qui disputez le prix , Le prix divin des talens et des charmes , Je n'ai qu'à montrer Eucharis ;

Vous rougirez , et vous rendrez les armes.

On parie de Théone, on vant« tour-à-tour Euphrosine et Zulmé, ces deux sœurs de l'Amour, Aglaure, Issé, Corinne, et Glycère, et Julie , Et mille autres beautés , omemens de la cour ; Eucharis est plus belle et cent fois plus jolie.

LIVK£ I. aS

Lorsqu'elle parut Tautre soir

Dans le temple de Melpomène , On lui battit des mains , on la prit pour la Reine, Et tout Paris charmé se leva pour la voir.

L'aimer, lui plaire, enfin , est mon unique envie ; A posséder son cœur je borne tous mes vœux.

Et qui voudrait donner un seul de ses cheveux

Pour tous les trésors de 1* Asie ?

ÉLÉGIE IX

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