A UN AMI
Ah! c'en est trop : crois-moi, l'affreuse envie Se hâte en vain de nommer mon vainqueur :
Le doux objet qui m'a repris son cœur Me Ta rendu ; c'est pour toute la vie !
Je défirais et les rois et les dieux De m'enlever désormais sa tendresse; L'éclat des rangs importune ses yeux , L'Olympe entier n'a rien qui l'intéresse; Mon Eucharis aux titres orgueilleux Préfère encor le nom de ma maîtresse ; Elle aime mieux , quand la rigueur du firoid. Durant la nuit , attriste la nature , S'arranger même au bord d'un lit étroit , Et partager mon humble couverture, Que de régner sur cent peuples divers, Ou d'étaler aux rives de la Seine