‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 25 sur 102 · LIVRE IL 5ï · texte numérisé non relu

LIVRE IL 5ï

Je cours m*offirir à sa main vengeresse :

De tout mon sang je suis près d'efifacer Les pleurs jaloux qu'a versés sa tendresse.

Mais tremble , ô toi qui ris de mon tourment I Tremble; l'Amour t'en réserve un terrible :

Censeur malin, crains cet arc invincible.

Qui d*un seul coup frappe et venge un amant.

Pour avoir ri des maux de la jeunesse, A ses chagrins pour avoir insulté , Que d'imprudens j*ai vus, dans leur vieillesse , Tendre leurs mains aux fers de la beauté , Balbutier un aveu ridicule, Se parfumer, parer leurs cheveux blancs ,.

Et tout transis au pied d'un vestibule , De leur martyre amuser les passans ! '

Ah ! si je puis , revoyant l'inhumaine.

Seule un instant du moins Tentretenir ; A ses genoux si le sort me ramène , Peut-être, hélas! mes tourmens vont finir.

Mon Eucharis connaîtra ma tendresse, Elle craindra de me désespérer.

Heureux l'amant , quitté de sa maîtresse-, Qui la rencontre, et qu'elle voit pleure^^

5a LES AMOURS.

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ELEGIE IL

Je n'ai plus d'Eucharis! Que m'importe la vie? O nuit, Tiens dans ton ombre ensevelir mes yeux ! Je n'ai plus d'Eucharis; après sa perfidie, Je ne veux plus revoir la lumière des cieux.

Moi, qui près d'elle assis dans son char radieux Marchais environné de la publique envie, Moi qui, paisible Toi, dans son ame asservie Éclipsais l'univers, effaçais tous les dieux I De sa haine aujourd'hui monument déplorable, Dans la foule importune esclave confondu, Triste et mouillant de pleurs sa porte inexorable. Hélas! j'exhale en vain ma plainte misérable, Au milieu des frimas , sur la pierre étendu.

Le voilà donc le prix de ma longue tendresse 1 Qui croira désormais à ses attraits menteurs? Après sept ans entiers de bonheur et d'ivresse , Il faut me détacher de ses bras enchanteurs.

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