‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 26 sur 102 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Je Tais donc maintenant , tel qu'un ramier sauvage , Qui, sur le rocher nu, lamente se9 ennuis.

Seul , dans un lit désert déplorant mon veuvage , Mesurer tristement le cercle entier des nuits? Du moins, l'amant trahi d'une beauté cruelle, Qui, ne pouvant fléchir ses injustes mépris, Se venge en l'imitant, forme une amour nouvelle. D'an regret moins amer voit ses beaux jours flétris : Mon sort à moi, mon sort , en perdant Eucharis , Est de ne pouvoir plus aimer une autre cpi'elle. Employez Tartifice, étalez mille atours; Non, vousnem'aurez point, orgueilleuses maîtresses • Eucharis a reçu mes premières caresses , Eucharis obtiendra mes dernières amours.

ELEGIE III

A EUCHARIS

Oui, tout Paris sait ta noirceur,

Tout Paris sait ta perfidie :

Ta chercher maintenant, impie,

Quelque stupide adorateur ' Pour exercer ta dure tyrannie!

Je romps mes fers ; ingrate , je t'oublie ; Le désespoir t'arrache de mon cœur.

Une autre au rang de ma maîtresse Ta monter, le front ceint d'un immortel feston Une autre jouira du glorieux renom

Que t'avait promis ma tendresse.

Pour elle sur des tons divers Montant ma voix , dans mon juste délire

Je veux des cordes de ma lyre

Tirer les plus aimables airs.

Et la célébrer dans des vers

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