‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 31 sur 102 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

Et sa colère impétueuse, Et ses caprices inhumains.

La paille errante et passagère , Qui dans l'air tourne en s'élerant , La laine éparse au gré du vent , La feuille du tremble mouvant Est moins inconstante et légère.

Cent fois plus terrible en ses jeux Que la cascade vagabonde, Qui des Apennins orageux Se précipite, écume, gronde, Et roule dans les champs fiingeux ; Ou que la mer Adriatique, Quand des bords d'Europe et d'Afrique Deux vents déchainés dans les airs.

Jusque dans le sein de Venise , Sur le dos de Neptune assise , Font bouillonner les flots amers.

ELEGIE VIL

A EUCHARIS

Qui t*aimera jamais comme je t*aime ?

Dans tes yeux seuls qui mettra son bonheur?

Reviens, ô mon bien suprême !

Entre mes bras abjure ton erreur.

Reviens, crois-moi: mon visage

N'est point si changé du temps.

Vois sur mon front ces cheveux bruns flottans.

De la vieillesse ont-ils senti Toutrage?

Ne rougis point de mon âge ; Je compte à peine un lustre après vingt ans.

Je suis cher à Vénus, cher au dieu de la Thrace ; Au milieu des festins je bois le vin mousseux : Émule de Chapelle , et disciple d'Horace , Parfois son luth , avec grâce , A retenti sous mes doigts paresseux.

Qui sait mieux à pas lents, dans une nuit obscure ,

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