‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 38 sur 102 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

>e tes modestes bains, de les humbles celliers :

J'irai chercher d'un oeil avide .>e leurs débris sacrés un reste enseveli,

£t dans ce désert em])elli Par l'Anio grondant dans sa chute rapide.

Respirer la poussière humide

Des cascades de Tivoli.

Puissé-je, hélas! au doux bruit de leur onde Finir mes jours , ainsi que mes revers!

Ce petit coin de l'univers nit plus à mes regards que le reste du monde. ' ^oUve, le citron , la noix chère à Paies , ■ rompent de leur poids les branches gémissantes; r:t sur le mont voisin les grappes mûrissantes N^e portent point envie aux raisins de Calés, fil, le printemps est long, et l'hiver sans froidure; j à, croissent des gazons d'éternelle verdure; 1^, peut-être , l'étude, et l'absence, et le temps.

Pourront bannir de ma mémoire Un amour insensé qui ternit trop ma gloire, Kt dont le vain délire abrégea mes iustans.

8o LES AMOURS.

ÉLÉGIE XIL

Oui , c'en est Cait : je demeure en ces lieux ;

Je borne ici ma course vagabonde :

De ces longs pins le deuil religieux

Convient, hélas I à ma douleur profonde.

Tranquille , au loin, je n'entends sons les cieui

Que le bruit sourd de l'Océan qui gronde.

Je puis donc seul verser enfin des pleurs,

Et dans les airs exhaler mon martyre;

Si quelque nymphe, apprenant mes malheurs,

Aux rocs émus ne coiurt point les redire.

Je puis donc seul de lamentables cris

Lasser en paix ces vastes solitudes!

D'où reprendrai-je, inhumaine Eucharis,

Tes désirs vains, tes injustes mépris ,

Et tes noirceurs et tes ingratitudes?

Ils sont passés , ces jours délicieux ,

Où , tout rempli de ma première ivresse.

Sans nul soupçon , sans reproche odieux ,

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