‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 44 sur 102 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

ÉLÉGIE III

A LA MÊME

Songe-s-y bien , ma bergère :

Une heure après le lever De l'étoile de ta mère , Dans ton réduit solitaire Ce soir j'irai te trouver.

La nuit de crêpes couverte Protégera nos plaisirs.

Laisse ta porte entr'ouverte Au tendre essaim des Désirs.

Écarte de mon passage Tout fer, tout marbre inhumain ; Et d'un pied discret et sage Interrogeant le chemin , Si mon doux péril te touche , Fais qu'au signal de ma bouche Je rencontre encor ta main

Pour me guider vers ta couche.

Ciel I que ce temps si léger Parait long , quand on espère !

Le soleil sous l'hémisphère Ne veut donc pas se plonger ?

Accourez , humides heures Qui présidez à la nuit :

Répandez sur nos demeures Ce calme heureux qui vous suit. O fleurs , pressez-vous d'éclore Pour mes desseins les plus doux. ; Et toi , sommeil que j'implore, Jusqu'au retour de l'aurore Assoupis l'œil des jaloux !

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