LA VEILLEE
J'avais signalé ma tendresse; L'Amour applaudissait; j'étais égal aux dieux. Accablé de langueurs, de fatigue et d'ivresse,
Entre les bras de ma maîtresse Le doux sommeil avait fermé mes yeux.
Elle qui n'est plus écolière Dans l'art qu'elle a , sous moi, naguère commencé, De sa boucbe amoureuse entr'ouvrit ma paupière, Et d'un son de vo?x doux à l'oreille adressé :
« Tu dors, paresseux! me dit-elle;
Regarde; il n'est pas encor jour.
Tu dors à l'heure la plus belle Que le cercle des nuits ramène pour l'amour.
Laissons, laissons la diligente Aurore S'arracber, sans pitié, du lit de son amant; Jouissons, nous mortels, profitons du moment :
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Qui sait , hélas ! demain si nous serons encore ? |
Viens , je brûle ; écartons ces Toiles indiscrets ! Prends-moi: contre ton sein que jemeureenchainée! ^ Recommençons nos jeux ; invoquons Dionée : |
Veillons ; tu dormiras après ,
Si tu Yeux, toute la journée, n