‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 47 sur 102 · LIVRE IIL · texte numérisé non relu

LIVRE IIL

Pan, qui jadis enfla des roseaux sous ses doigts , Et modulant des airs au penchant des montagnes, Rassembla les mortels dispersés dans les bois. C'estlui qui, l<s premier, au gland tombé des chênes Fit succéder l'olive et les dons des Tergers. La feuille alors couvrit l'asile des bergers; Et le sol altéré but les sources prochaines.

Alors on maria la vigne au peuplier ; Sous les pressoirs rougis des flots de vin coulèrent ; Le taureau sous le joug apprit à se plier, Et sur un double essieu les chars pesans roulèrent. Quin'aimeraitleschamps ? Aux champs règnela paix. On y trouve un ciel pur, des ombrages épais : De moissons dans l'été , dé fruits mûrs dans l'automne , De bouquets au printemps Thumble pré se couronne. Les vrais plaisirs aux champs ont fixé leur séjoiur : On y craint plus les dieux , on y fait mieux l'amour. L'Amour même, entouré de coursiers indociles. De troupeaux mugissans, dans un bocage est né. De mjTte et de jasmin son berceau fut orné.

Le pressant dans leurs bras, les Nymphes trop faciles N'osaient point corriger un enfiint obstiné.

Qui déjà nuit et jour s'abreuvait de leurs larmes. C'est là qu'en grandissant il essaya ses armes. Ses premiers traits, dit-on , se perdaient au hasard ;

Son arc et son carquois accablaient sa faiblesse. Ciell ([u'Amour a depuis profité dans cet art ! Je l'ai bien éprouvé. Malheur à ceux qu'il Messe ! Malheur même aux amans qu*il daignerait flatter ! C'est quand l'Amour sourit qu'il est à redouter. ITimporte ; saisissons ses feveurs passagères ; Hâtons-nous de jouir, caressons nos bergères; Livrons-nous à leur foi , mais sans trop y compter.

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