‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 48 sur 102 · LES BAISERS · texte numérisé non relu

LES BAISERS

Dieux ! que ta bouche est parfumée !

Donne-moi donc vite un baiser.

Encore un , ô ma bien-aimée !

De quel feu dévorant je me sens embraser !

— Prendsl sois heureux: en voilà vingt, Bathyle, En voilà trente , en voilà cent en sus ; Est-ce assez ? — Non. — Je t'en donne encor mille. Es-tu content? — Las! je brûle encor plus!

— Et combien donc , ingrat , pour apaiser ta flamme. Te faut-il aujourd'hui de baisers amoureux?

— Autant, répondis-je, ô mon ame !

Que septembre mûrit, sur les coteaux pierreux De Pomar ou d'Arbois , de raisins savoureux; Autant qu'on voit d'épis jannissans dans la plaine. Ou de grains entassés dans le sable des mers: Autant qu'on voit briller daas une nuit sereine

xoo LES AMOURS.

D*étoiles, de soleils, et de mondes divers.

Quand tu m'en donnerais dès la naissante aurore , Quand tu m'en donnerais jusqu'au déclin du jour. Plus altéré le soir, le soir, mourant d*amour. Je t'en demanderais encore.

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