LIVRE III. loi
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ELEGIE VII
A CATILIE
Quand ton ami se désespère , Ingrate, au lit oiseux qui peut te retenir?
H est minuit : tout dort ; je n'entends plus ta mère : Tous les feux sont éteints ; qii*attendfr-tu pour venir ?
Sous tes doigts ma porte docile
Est prête à s'ouvrir mollement ; J'ai prb soin d'affranchir ce loquet difficile Que ton amour déteste, et qui £ait mon tourment.
Est-ce aÎDsi qu'on tient sa promesse?
Est-ce ainsi qu'on abuse un malheureux amant?
Perfide ! hélas \ en ce moment,
Tranquille au sein de la mollesse ,
Tu dors peut-être impunément.
Et moi, je veille; et moi, je sèche dans l'attente. Inquiet, agité , consumé de désirs ,
Je me roule aux deux bords de ma couche brdlante,
Et poursuis tristement l'image des plaisirs.
Quelquefois ma tendresse active S'imagine te voir au milieu de la nuit, Suspendant sur Forteil une jambe craintive.
Tes deux mains en avant , chercher le mur qui fuit : J'écoute alors, j'écoute; et si le moindre bruit Frappe mon oreille attentive.
Je crois , sous tes pieds délicats.
Entendre à mon côté le parquet qui résonne.
Soudain mon cœur palpite , et tout mon corps frissonne. Crédule, je m'élance, en étendant les bras; Je te cherche dans l'ombre, et te nomme tout bas. Vaines illusions ! Déjà la nuit s'avance.
Et l'astre du matin blanchit l'azur des deux. C'en est fait ; le jour croit , je n'ai plus d'espérance: Les esclaves en foule ont inondé ces lieux.
Et tu ne crains pas ma vengeance P Que diras-tu pour ta défense Demain en t'ofirant à mes yeux ?
Est-ce ainsi , répondfr-moi , beauté vaine et frivole , Qu'on outrage l'Amour, qu'on insulte à Gypris ? De ce temps , hélas! qui s'envole.
Un jour tu connaîtras le prix.
T^rsnue le printemps passe , et qu'on n'est plus jolie.