‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 58 sur 102 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Que dis-je ? hélas ! dans ces momens affreux , Des baisers seuls combleront-ils sa joie ?

Combats du moins dans ce pressant danger; Pleure, gémis, et détourne la bouche :

N'accorde rien, fuis au bord de ta couche, Et vends-lui cher un boliheur mensonger.

Ah ! si le ciel , ce ciel qui m'abandonne Entend mes vœux , il ne souffrira pas Que rinhumain profanant tant d*appas Ait du plaisir... ou du moins qu'il t'en donne. Mais quel que soit pour mon cœur éperdu L'indigne arrêt du destin qui m'opprime , Songe demain à me nier ton crime , Et soutiens-moi que je n'ai rien perdu.

ELEGIE XIII

A CATILIE

Dans la contrainte et les alarmes Je vois s'envoler nos beaux jours :

La douleur a flétri vos cbarmes , Et mes yeux à verser des larmes Semblent condamnés pour toujours.

O la plus belle des maîtresses , Mon bonbeur s'est évanoui :

Je perds vos touchantes caresses ; Hélas ! el de ces biens , dont j'ai trop peu joui »

U ne me reste que ma flamme , Vos lettres , mes regrets , mes désirs superflus , Et la triste douceur de nourrir dans mon ame L'étemel souvenir d'un bonheur qui n'est plus. Tout brûle autour de moi, tout aime, Tout s'enivre de voluptés :

Deux à deux , vers le bien suprême

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