‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 61 sur 102 · LA MÉRIDIENNE · texte numérisé non relu

LA MÉRIDIENNE

A liA MBMS.

DieUx ! que Tair est calme et pesant 1

Dieux ! qu'il fait cbaud ! Sur quels ri?ages,

Sous quels favorables ombrages

Yeux- tu reposer à présent ?

Le ciel se couvre de nuages,

Neptune agite son trident ;

J'ai vu briller, à l'oocideiit,

L'éclair précurseur des orages.

Viens, ce temps est fait pour Tamour :

Viens, ô ma tendre et douce amie,

Au fond de mon humble séjour.

Sur la natte fraîche et polie ,

Du soir attendre le retour.

Fermons sur nous , à double tour,

126 LES AMOURSi*

La porte du verrou munie, Et qu'une épaisse jalousie Nous dérobe aux clartés du jour.

Eh quoi ! ta pudeur alarmée M'oppose encore un vêtement!

As-tu peur, ô ma bien-aimée!

D'être trop près de ton amant ?

Lorsqu'il te presse, qu'il t'embrasse , Peux-tu rougir de son bonheur ?

Ote ce lin qui m'embarrasse, Ou des deux mains, sûr de ma grâce, Je le déchire avec fureur.

De ton beau corps que j'idolâtre Mes yeux parcourront tous les traits ; De tes trésors les plus secrets Mes baisers rougiront l'albâtre.

Couvre-toi de fleurs , si tu veux ; Que ce soit ta seule imposture.

Laisse une fois à l'aventure Flotter tes superbes cheveux ; Et de cette conque azurée, Cuite dans Sèvre, et décorée Avec un soin industrieux , Parmi cent parfums précieux , Tirons ce nard délicieux

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