‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 68 sur 102 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

O champs aimés de Flore ! 6 douce promenade ! Que vous flattez mon cœur, mon esprit et mes yeux I O champs aimés de Flore! 6 douce promenade !

Oui , vous êtes l'asile et Touvrage des dieux ! Mais à travers ces bois religieux ,

Quelle élégante colonnade En marbre blanchissant s*élève dans les cieux ? C'est le temple d* Amour, c'est l'enceinte sacrée Que réserve à son fils la reine de ces lieux. Deux saules chevelus en défendent l'entrée

A tout mortel audacieux.

De l'enfant sur l'autel respire la statue.

C'est lui-même ; on le voit , foulant un bouclier, Et le casque d'Alcide et sa lance rompue, Courber en arc poli sa noueuse massue.

Et d'un souris malin déjà nous défier.

A l'approche du sanctuaire ,

Saisi d'un tremblement heureux , Trois fois du marbre saint j'ai baisé la poussièra, Et {sût fumer trois fois un encens précieux :

Puis, couronnant ses beaux cheveux

D'un feston de myrte et de lierre, Aux pieds du dieu charmant j'ai déposé mes vœux,

Et fait tout bas cette prière :

« Amour, Amour, éternise mes feux,

GoDserve-moi le cœur de Catilie; Fais qu'elle soit toujours belle à mes yeux , Et que je meure av«nt que je Toublie ! »

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