LIVRE III
Ah I je sens à ce nom qu'il existç un bonheur. Ce nom seul de ma peine adoucit la rigueur, Il répare mes maux , il m'attache à la vie :
Je suis aimé ; mon sort est trop digne d'envie, Et la paix doit rentrer dans mou cœur éperdu. Cessez , tristes regrets; cessez , plainte importune ! Revivez , luth heureux trop long-temps suspendu ! J'ai vu périr mes biens , mes honneurs , ma fortune ; Mais son amour me reste, et je n'ai rien perdu.
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ELEGIE XXI
Mes pleurs ne coulaient plus; mes yeux Étaient enfin las d'en répandre :
Je n'ai fait que nommer les dieux, Et soudain je les vis des cieux.
Sans cortège, à ma voix descendre.
« C'est trop, ont-ils dit, l'éprouver.
^h! qui du sort injuste a plus senti l'outrage ? Empressons-nous de relever Ce roseau courbé par l'orage.
Pour prix de ses tendres chansons , Rendons-lui ses grottes cbéries , Son lac , ses riantes prairies, Ses bois, ses vignes, ses moissons.
Ab ! qu'il aime, qu'il aime encore,
l^uisque ce sentiment est l'ame de ses jours ; Et qu'il chante encor ses amours Aux lieux qui les virent éclore, »