‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 72 sur 102 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

ÉLÉGIE XXIL

ÉhiyOE DE LA CAMPAGNE.

k CATILIE.

Laissoos , à mon aimable amie !

L'habitant des cités, en proie à ses désirs, S'agiter tristement et tourmenter sa vie, Pour se faire à grands frais d'insipides plaisirs. Les champs du vrai bonheur sont le riant asile; L'œil y voit sans regret naître et mourir le jour : Leur silence convient à la vertu tranquille, Au noble esprit qui pense, et surtout à l'amour.

Di»-moi, quand sous l'épais ombrage, Tous deux assis, mon bras autour de toi passé. Nous entendons du ciel soudain fondre un nuage , Et la pluie, à grand bruit, inonder le feuillage Qui garantit ton front vainement menacé; Quand , sous un antre frais que tapisse le lierre , D'un soleil accablant évitant la chaleur,

i5o L£S AMOURS.

Faible, les yeux remplis d'une tendre langueur. Sans vouloir sommeiller tu fermes ta paupière , Et viens nonchalamment reposer sur mon cœur, Conçois-tu des momens plus heureux pour ma flamme .

Et de plus douces voluptés ?

Regretterons'Uous , ô nMm ame , Le firacas , Pair impur et l'ennui des cités ? Soit qu'errant le matin dans ce verger fertile Dont les arbres toufifus embarrassent tes pas , J'élève sur ta tète une branche indocile, Ou qu'en la ramenant , à.tes doigts délicats J'offre , esclave attentif, un prix doux et facile; Soit que, le jour tombant, à nos travaux chéris

La cornemuse nous rappelle; Que dispersant les grains que ta robe recèle. Ta voix se fasse entendre aux oiseaux de Cypris ; Ou que sur l'herbe enfin , plus touchante et plus belle Rangeant autour de toi tes sujets favoris.

Un lait pur à grands flots entre tes doigts ruisselle. Heureux qui peut dormir à l'ombre des forêts , Et sentir près de soi Tobjet de sa tendresse! Heureux qui, vers midi, par des détours secrets. Peut sur le bord des eaux égarer sa maîtresse ! Si le ruisseau roulant sur un lit de gravier Présente à son amour, au milieu du bocage ,

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