‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 76 sur 102 · A MONSIEUR LE MAE^CHAL DUC DE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LE MAE^CHAL DUC DE

EN LUI PRÉSENTANT LE VOYAGE DE BOURGOGNE, DANS UN BAL DE LA SAINT- LOUIS.

Vous, qui des mains de la Victoire Tenez le sceptre des guerriers ; Vous, dont les Filles de mémoire Au temple brillant de la gloire Ont déjà placé les lauriers ; Vous, que TAtliémen volage, Jadis, pour plus d'une raison, En foule eût suivi chez Platon , Au Portique, à l'Aréopage, Et dans les champs de Marathon ; Recevez mon itinéraire, Et souf&ez qu'au sortir du bal ,

A M. LE DUC DE ***. 19g

Un très-modeste volontaire, Sous vous apprenant Tart de plaire , Et l'art moins doux , mais nécessaire , De combattre un peuple rival, Ose d'une main téméraire Attacher quelques brins de lierre Sur le front de son général.

Dans ce frivole badinage, L'auteur n*a peint , selon l'usage , Que la moitié de ses travers :

Sachez qu'an printemps de mon âge , J'ai déjà fait plus d'un voyage, Qu'un jour on lira dans mes vers.

Au ton mélodieux d*Horace Montant le luth d'Anacréon , Enflammé d'une noble audace, D'abord au sommet du Parnasse J'osai planter mon pavillon; Et là je marquai votre place Entre Mécène et Pollion.

Prenant mon caprice pour guide, Épris d'un maître plus charmant ,

200 VERS

Bientôt je quittai brusquement.

Sans un seul mot de compliment , Le dieu de Tonde Aganippide ; Et je crus que, d'un vol rapide^ Tour à tour un enfant de Mars Devait du palais des beaux-arts Passer dans le temple de Gnide.

Aux pieds des Amours demi-nus Je fis une courte prière , Et par des sentiers inconnus Fuyant Tempire de leur mère , Loin de Papbos et de Cytbère, Je portai mes vœux ingénus Aux autels d'une autre Yénus, Plus touchante que la première.

Heureux cent fois qui la peindrait D'un crayon savant et fidèle I L'image à tous les yeux plairait , Et ne pourrait offenser qu'elle :

Mais dispensez-moi du portrait , Vous qui connaissez le modèle.

C'est l'aimable divinité Que l'essaim des jeux environne ,

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