LA MARQUISE DE
QUI m\NN01TGMT UIV NOUVEAU RECUEIL D*ÉLÉGIES, EV TROIS L.IVRES, HftlTUlÉ :
Il est des Amours à Paphos , Et de tout rang et de tout ftge :
Chacun a ses traits, son langage ; Ils sont tous frères et rivaux.
Il est des Amours volontaires Qu^irritent les plus doux liens :
A vos pieds vous n*en trouvez guères ; Mais interrogez les bergères, Le monde est plein de ces vauriens.
Il est des Amours plus sincères. Trahis par des beautés légères j Et nourris de larmes amèresj
A MADAME DE***. a83
Dans ce nombre ont paru les miens.
Leur front ingénu trouva grâce Auprès de quelques beaux esprits ; Mais vous m'apprenez qu'à Paris D'beureux cadets prennent la place De ces aînés que je cbéris , Et que des rives de Cytbère Un prêtre de la même loi Vient, plus jeune et plus sûr de plaire, Me prouver qu'on pouvait mieux faire :
Hélas ! qui le sait mieux que moi ?
Adieu la brillante couronne Que vos mains daignaient me tresser l Le Pinde à mon rival la donne ; Aux pieds du cbantre de Sulmone C'est lui que vous devez placer* Par sa muse aimable et frivole Que je me sens humilié !
C'est un malheur d'être oublié ; Mais il faut que je m'en console.
Je n'irai point me dépiter Pour un semblable badinage.
Ni trèS'SOttement disputer L'honneur d'un si frêle avantage ; Car si vous n'êtes leur appui,
a84 A MADAME DE ***.
Zulmé y qiiel sera le partage Des vers qu'on m'oppose aujourd'hui ?
Ils verront deux soleils peut-être ; J'en connais qui vivront toujours; Et les véritables Amours Sont ceux que vous aurez faii naître.
VERS, ETC. a85
VERS
VAITS ET PRBSEinSS DAKS UlT BAL MASQUÉ.
C'est assez m*abuser, ô divine inconnue , Laissez tomber ce voile et montrez-moi vos yeux. Par de si doux accens mon ame prévenue S'obstine à voir en vous le chef-d'œuvre des dieux. J'ignore dans quel rang leur sagesse profonde Vous fit naître en secret pour ma félicité ; Mais par l'esprit , le ton , les grâces , la beauté, Vous êtes la reine du monde.
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