DE M. L'ARCHEVÊQUE DE ROUEN
à son imitation, voulu procéder, en cette renconire, avec toute la circonspection qui nous à été possible. Après avoir reçu par diverses fois les plaintes et les requêtes des curés de notre métropolitaine. donné la com munication à notre promoteur général, vu ses réquisitions , et fait exa miner ce livre par nos grands vicaires en présence de M. l’évêque d'Olonne, qui prêchoit pour lors dans notre Église cathédrale, nous avons reconnu la vérité des extraits qui nous en ont été présentés. Nous avons voulu le lire avec soin; et après avoir attendu quelque temps que l’auteur de cette pernicieuse doctrine effaçât lui-même, par ses larmes et par une rétractation chrétienne, les funestes caractères d’un si mechant livre, nous avons cru être obligés d’y apporter le remède que Jésus-Christ nous à mis entre les mains par la communication de son autorité sacrée.
C’est en son nom que dans l’unité de son esprit, qui remplit son Église et qui anime ses pasteurs, dont plusieurs ont condamné cette même doctrine, vu la censure qui en à été faite par la Faculté de théologie de Paris, nous avons déclaré et déclarons ledit livre intitulé : Apologie pour les casuistes contre les calomnies des jansénistes, etc., contenir tlusieurs propositions fausses, pernicieuses, erronées, scandaleuses, endantes au libertinage et à la corruption des mœurs et de la discidine de l’Église, et entièrement opposées aux maximes de l'Évangile ; et comme tel, l'avons condamné-et condamnons , faisant très-expresses défenses, sous peine d’excommunication , à tous les fidèles de notre diocèse, de le lire, de le retenir, ou d’en soutenir la doctrine ; à tous curés, vicaires, prêtres, confesseurs et directeurs, de s’en servir pour la conduite des âmes ; et à tous imprimeurs et libraires de J’imprimer ou distribuer, sous les mêmes peines. Et afin que personne ne ignore, nous avons ordonné que ces présentes seront lues et publiées aux prônes des messes paroissiales dans toutes les églises de notre diocèse, et envoyées aux maisons religieuses à la diligence des doyens ; nous réservant, selon ‘usage et la pratique de l’Église, à donner en temps et lieu des canons pénitentiaux, pour servir d'instruction et de règle à Ja direction des consciences. Enjoignons en outre à tous ceux qui ont, sous notre autorité, la conduite des âmes, de veiller soigneusement dans ces temps perilleux sur les peuples que nous avons commis à leurs soins , et de leur remettre souvent en la mémoire cet excellent avis du saint apôtre : « Vi- « dete ne quis vos decipiat per philosophiam et inanem fallaciam secun- « dum traditionem hominum, secundum elementa mundi , et non « secundum Christum. » Donné à Rouen, en notre palais archiépiscopal , ie 4 janvier 1659.
Signé : FRANÇOIS, archevéque de Rouen.
Et plus bas, Moranes.
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CENSURE
CENSURE
D'un livre intitulé : « Apologie pour les casuistes, etc.,» faite par M. l’évêque de Nevers.
Du 8 novembre 1658.
Eustache de Chéry, par la grâce de Dieu et autorité apostolique , évêque de Nevers, conseiller du roi en ses conseïls d’État et privé : A tous doyens , chanoines et chapitres, abbés, prieurs, curés, vicaires, prédicateurs , et autres ecclésiastiques séculiers et réguliers de notre diocèse , salut.
L’étroite obligation que Jésus-Christ a imposée à ceux qu’il à établis prélats et pasteurs sur son peuple, de conserver tout ensemble l’unité des esprits dans le sacré lien de la paix, et sa doctrine saine dans tout le corps mystique de son Église, nous a fait souvent gémir en sa présence, dans la crainte de devenir prévaricateurs dans notre charge. soit en tolérant le mal par une trop longue indulgence, soit en le réprimant par une trop prompte sévérité. Car comme le Fils de Dieu nous à prescrit d’une part de laisser croître l’ivraie jusqu’au jour de la moisson , de peur de cueillir le bon grain en voulant l’arracher ; et que d’ailleurs il traite de mercenaires intéressés. de chiens muets, d’idoles sacriléges, les successeurs des apôtres qui répriment aussi peu généreusement les corrupteurs des mœurs de son Église, qu’ils défendent lâchement la vérité de sa doctrine : il faut croire avec le sage qu’il y a un temps de se taire, en dissimulant quelque temps des choses répréhensibles, pour éviter de plus grands maux; et un temps de parler, lorsque, faute de contredire les impies profanateurs de la parole de Dieu, les peuples pourroient donner quelque croyance à leurs sentimens opposés aux plus saintes et plus importantes maximes du christianisme. C’est pourquoi, après que nous avons jusqu'ici supporté, avec douleur, la licence insupportable de quelques nouveaux casuistes, qui remplissent l’Église de livres pleins de pernicieuses maximes d’une morale pharisienne; et entre les autres, le plus méchant et le plus dangereux de tous ayant paru depuis quelques mois dans notre diocèse, sans nom, permission, ni approbation quelconque, intitulé : Apologie pour les casuistes contre les calomnies des jansénistes, etc. , et qu’on nommeroit mieux le testament nouveau de Vamour de la chair, puisqu'il est opposé à celui de Jésus-Christ, qui apprend aux fidèles à vivre selon l'esprit : nous avons cru que nous étions indispensablement obligés de procéder à sa juste condamnation , et de le frapper des foudres que Dieu nous a mis en main pour la destruction de l'erreur. C’est un méchant livre qui détruit la plupart des préceptes du Décalogue, introduit la profanation des sacremens, porte à l’irrévérence de nos plus sacrés mystères : il enseigne aux valets à voler leurs maîtres, et aux enfans des hommes à souiller leurs mains violentes comme des Caïns dans le sang de leurs frères : il présente aux libertins, pour rompre les jeûnes commandés de l’Église, des moyens les plus honteux et les plus brutaux : il approuve la simonie la plus manifeste, et dit qu’un bien temporel peut servir de motif pour en donner ou recevoir un spirituel : :l permet aux