PROJET DE MANDEMENT CONTRE L'APOLOGIE
donc point pour ce peuple (Jerem., xv, 1 et seq.); car quand Moïse et Samuel se présenteroient devant moi pour arrêter ma fureur, je ne leur ferai point miséricorde ; et s’ils vous demandent : «Que ferons-nous donc?» Dites-leur que ceux qui.sont destinés à la mort aillent à la mort, et que ceux qui sont réservés à la famine et au meurtre courent à la fin qui leur est destinée.
Que si Dieu a traité de cette sorte le peuple juif, dans les ombres et les ténèbres où il étoit: s’il ne leur a pas pardonné leurs crimes, quoiqu'ils s’y fussent engagés sur l'autorité de tant de docteurs graves et anciens en apparence; s’il n’a pas épargné les hommes des premiers temps, dit saint Pierre (II Pet., 11, 5), comment traitera-t-il un peuple qu'il a rempli de tant de lumières et de tant d'effets de son amour, s’il à assez d’aveuglement et d’ingratitude pour se dispenser de l'aimer sur la foi de quelques casuistes modernes qui l’en assurent ?
Nous déclarons donc hautement que ceux qui seroient dans ces erreurs seroient absolument inexcusables de recevoir la fausseté de ces mains étrangères, qui la leur offrent au préjudice de la vérité qui leur est présentée par les mains paternelles de leurs propres pasteurs: et qu'ils seroient doublement coupables dans ces impiétés , et d’avoir reçu des opinions qu’ils ne devoient jamais admettre, et pour les avoir reçues de ceux qu’ils ne devoient jamais écouter. Car comme les personnes qui sont hors de la hiérarchie n’ont de pouvoir d’y exercer aucune fonction que sous nos ordres et selon nos règlemens, tout ce qu’ils disent contre notre aveu doit être regardé comme suspect et irrecevable. Ainsi les fidèles doivent en demeurer exempts, et demander à Dieu la persévérance des pasteurs naturels de son Église; afin que ce malheureux repos, et ce consentement général à l'erreur qui doit attirer le dernier jugement de Dieu, n’arrive pas de nos jours comme il arriva à la fin de la synagogue, lorsque les prophètes se relâchèrent. Les princes sont dans la corruption, les prêtres les y accompagnent. Les prophètes les y confirment, et tous ensemble, en cet état, se reposent encore sur le Seigneur, en disant (Jerem. , vir, 4 et seq.) : «Dieu est au milieu de nous: il ne nous arrivera aucun mal. C’est pour cette raison. gneur , que Jérusalem sera totalement détruite , et que le temple de Dieu sera renversé et anéanti. »
Ty