Affectation du style du Cyrut imitée. (B
LES HÉROS DE ROMANS
cyrus. — Eh ! de grâce 1 pluton. — Si tu ne sors...
cyrus. — En effet....
pluton. — Si tu ne t’en vas....
cyrus. — En mon particulier....
pluton. — Si tu ne te retires. ...A la fin le voilà dehors. A-t-ou jamais vu tant pleurer ?
diogène. — Vraiment il n’est pas au bout, puisqu’il n’en est qu’à l’histoire d’Aglatidas et d’Amestris. Il a encore neuf gros tomes à faire ce joli métier.
pluton. — Hé bien ! qu’il remplisse, s’il veut, cent volumes de ses folies. J’ai d’autres affaires présentement qu’à l’entendre. Mais quelle est cette femme que je vois qui arrive? diogène. — Ne reconnoissez-vous pas Tomyris? pluton. — Quoi! cette reine sauvage des Massagètes, qui fit plonger la tète de Cyrus dans un vaisseau de sang humain ? celleci ne pleurera pas, j’en réponds. Qu’est-ce qu’elle cherche?
TOMYRIS.
o Que l’on cherche partout mes tablettes perdues:
Mais que sans les ouvrir elles me soient rendues '. »
diogène. — Des tablettes ! Je ne les ai pas au moins. Ce n’est pas un meuble pour moi que des tablettes ; et l’on prend assez de soin de retenir mes bons mots , sans que j’aie besoin de les recueillir moi-même dans des tablettes.
pluton. — Je pense qu’elle ne fera que chercher. Elle a tantôt visité tous les coins et recoins de cette salle. Qu’y avoit-il donc de si précieux dans vos tablettes , grande reine ?
tomyris. — Un madrigal que j’ai fait ce matin pour le charmant ennemi que j’aime.
minos. — Hélas ! qu’elle est doucereuse 1 diogène. — Je suis fâché que ses tablettes soient perdues. Je serois curieux de voir un madrigal massagète. pluton. — Mais qui est donc ce charmant ennemi qu’elle aime? diogène. — C’est ce même Cyrus qui vient de sortir tout à l’heure.
pluton. — Bon ! auroit-elle fait égorger l’objet de sa passion ? diogène. — Egorgé I C’est une erreur dont on a abusé seulement durant vingt-cinq siècles; et cela par la faute du gazetier de Scythie. qui répandit mal à propos la nouvelle de sa mort sur un faux bruit. On en est détrompé depuis quatorze ou quinze ans. pluton. — Vraiment je le croyois encore. Cependant, soit que
I. Ce sont les deux premiers vers de la tragédie de Cyrus, faite par M. Quinaull, et c’est Tomyris qui ouvre le théâtre par ces deux vers. (B.) — Ce sont les deux premiers vers, non de la tragédie, mais de la scène v de l'acte I".
LES HÉROS DE ROMANS. 317
le gazetier de Scythie se soit trompé ou non, qu’elle s’en aille dans ces galeries chercher , si elle veut , son charmant ennemi , et qu’elle ne s’opiniâtre pas davantage à retrouver des tablettes que vraisemblablement elle a perdues par sa négligence , et que sûrement aucun de nous n’a volées. Mais quelle est cette voix robuste que j’entends là-bas qui fredonne un air?
diogène. — C’est ce grand borgne d'Horatius Codés qui chante ici proche, comme m’a dit un de vos gardes, à un écho qu'il a trouvé , une chanson qu’il a faite pour Clélie. pluton. — Qu'a donc ce fou de Minos, qu’il crève de rire ? minos. — Et qui ne riroit? Horatius Codés chantant à l’écho l pluton. — Il est vrai que la chose est assez nouvelle. Cela est à voir. Qu’on le fasse entrer, et qu’il n’interrompe point pour cela sa chanson, que Minos vraisemblablement sera bien aise d’entendre de plus près.
minos. — Assurément.
horatius coclès, chantant la reprise de la chanson qu’il chante dans Clélie :
a Et Phénisse même publie
Qu’il n’est rien si beau que Clélie. »
diogène. — Je pense reconnoltre l’air. C’est sur le chant de Toinon la belle jardinière '.