IV. — La bataille de Retel
Le maréchal du Plessis, avec le peu de troupes qu’il avoit, ne se trouvant pas en état de faire tête aux Espagnols, s’étoit enfermé dans Reims. Mais au commencement de décembre , il reçut un gros détachement de l’armée qui avoit accompagné le roi en Guyenne, où les désordres étoient enfiu apaisés. Avec ce renfort, malgré l’hiver, il alla mettre le siège devant Retel, dont les ennemis s’étoient emparés, et d’où ils pouvoient faire des courses jusqu’à Paris. Il pressa si vivement le siège, que le maréchal de Turenne , qui étoit alors dans leur parti , et qu’ils avoient laissé
!. La campagne de 4045 en Catalogne avoit été glorieuse; mais celle de 4 646 ne fut marquée que par l'échec du duc d’Harcourt devant Lérida.
dans la Champagne avec un corps d'armée de treize a quatorze mille hommes, s'avança inutilement pour secourir la place. Il la trouva prise, et se retira en diligence. Mais le maréchal du Plessis, qui vouloit l’empêcher d’hiverner dans cette province, le suivit aussitôt; et quoique plus foible de moitié en cavalerie, il résolut à quelque prix que ce fût , de le combattre. Les deux armées marchèrent quelque temps à la vue l’une de l’autre sur deux hauteurs opposées , et seulement séparées par un vallon. Le maréchal du Plessis , pour ne les pas laisser échapper , se préparait à descendre , lorsqu’il s’aperçut que les ennemis eux mêmes descendoient et venoient à lui. Il rangea son armée en bataille sur la colline qu’il occupoit , et se servant de l’avantage que lui donnoit la hauteur, il fondit sur eux avec tant de succès, qu’après un combat fort opiniâtre , il les rompit , leur tua deux mille hommes , prit leur canon et leur bagage , et fit trois mille prisonniers.
C’est le sujet de cette médaille. La Victoire tenant un javelot et un bouclier, foule aux pieds la Discorde. Les mots de la légende : Victoria Retelbnsis, signifient la victoire de Retel. On lit sur le bouclier : De Hispanis, c’est-à-dire Victoire remportée sur les Espagnols. A l’exergue est la date 1650.... ( Médailles , etc. , p. 31.... Séance du 26 mars 1697.)
. V. — La majorité du roi.
Dès que le roi fut entré dans sa quatorzième année, qui est l’âge que la loi prescrit en France pour la majorité des rois, la reine mère crut qu’il falloit déclarer au plus tôt le roi son fils majeur. Le roi partit du Palais-Royal sur les neuf heures du matin ; il étoit à cheval , précédé de toutes les troupes et de tous les officiers de sa maison , et accompagné des seigneurs de sa cour , qui étoient aussi à cheval , et tous superbement vêtus. Une multitude incroyable de peuple étoit dans les rues , aux fenêtres , et jusque sur les toits. Sa Majesté alla au Parlement, et assis sur son lit de justice, il exposa en peu de mots le sujet de sa venue, qui fut expliqué plus au long par le chancelier. La reine sa mère , assise à sa droite, un peu au-dessous, lui dit que les lois du royaume l’appelant au gouvernement de l’État , elle lui remettoit avec joie la puissance dont elle avoit été dépositaire durant sa minorité. Le roi se leva, l’embrassa, et s’étant remis à sa place, la remercia en des termes pleins de majesté et de tendresse. Aussitôt le duc d’Anjou son frère, le duc d'Orléans son oncle, et le prince de Conti le saluèrent avec un profond respect ; tous les seigneurs de la cour firent de même. Le premier président et les présidens le saluèrent aussi , mais un genou à terre , et le premier président l’assura du zèle et de la fidélité de la compagnie. Alors on ouvrit les portes, et Sa Majesté, après avoir fait enregistrer un édit contre les duels , et une déclaration contre le3 blasphémateurs , s’en retourna au milieu des acclamations du peuple.
C’est le sujet de cette médaille. La reine mère y présente au roi un gouvernail orné de (leurs de lis. La légende : Rege lrgitimam ætatem adepto , signifie : le roi parvenu à l’âge de majorité. A l’exergue est la date , le vu de septembre 1651. ( Médailles , etc. , p. 32.... Séance du 16 juillet 1695.)