‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 252 sur 492 · Livre VI, vers 288. (B · texte numérisé non relu

Livre VI, vers 288. (B

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SUR LONGIN

l’ Odyssée pour dire fréquenter ; et il ne veut dire coucher avec quelqu'un , que lorsque la suite naturelle du discours , quelque autre mot qu’on y joint, et la qualité de la personne qui parle ou dont on parle , le déterminent infailliblement à cette signification , qu’il ne peut jamais avoir dans la bouche d'une princesse aussi sage et aussi honnête qu’est représentée Nausicaa.

Ajoutez l'étrange absurdité qui s’ensuivrait de son discours , s'il pouvoit être pris ici dans ce sens; puisqu'elle conviendrait en quelque sorte, par son raisonnement, qu’une femme maiiée peut coucher honnêtement avec tous les hommes qu’il lui plaira. Il en est de même de |u»y*e6ai en grec, que des mots cognoscere et commisceri dans le langage de l’Écriture , qui ne signifient d’euxmêmes que connoitre et te mêler , et qui ne veulent dire figurément coucher que , selon l’endroit où on les applique ; si bien que toute la grossièreté prétendue du mot d’Homère appartient entièrement à notre censeur , qui salit tout ce qu’il touche , et qui n’attaque les auteurs anciens que sur des interprétations fausses , qu’il se forge à sa fantaisie , sans savoir leur langue , et que personne ne leur a jamais données.

La quatrième bévue est aussi sur un passage de YOdyssée. Eumée, dans le quinzième livre de ce poème, raconte qu’il est né dans une petite lie appelée Syros ' , qui est au couchant de l’ile d’Ortygie1. Ce qu’il explique par ces mots :

’OprayCaç xaflvuepflev, 59i ‘cpoitat fjéXtoio.

Ortygia detuper , quo parte sunt conversionet tolit.

« Petite lie située au-dessus de l’île d’Ortygie , du côté que le soleil se couche. »

11 n’y a jamais eu de difficulté sur ce passage : tous les interprètes l’expliquent de la sorte ; et Eustathius même apporte des exemples où il fait voir que le verbe vp«xce6ai, d’où vient vpcmal, est employé dans Homère pour dire que le soleil se couche. Cela est confirmé par Hésychius, qui explique le terme de tpofcat par celui de Sûeetc , mot qui signifie incontestablement le couchant. Il est vrai qu’il y a un vieux commentateur1 qui a mis dans une petite note , qu’Homère , par ces mots , a voulu aussi marquer « qu’il y avoit, dans cette île un antre où l’on faisoit voir les tours ou conversions du soleil. » On ne sait pas trop bien ce qu'a voulu dire par là ce commentateur , aussi obscur qu’Homère est clair. Mais ce qu’il y a de certain , c’est que ni lui ni pas un autre n’ont jamais prétendu qu’Homère ait voulu dire que l’île de Syros étoit située sous le tropique ; et que l'on n'a jamais attaqué ni défendu ce grand poète sur cette erreur, parce qu’on ne la lui a jamais

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