‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 253 sur 492 · Ile de l’Archipel , du nombre des Cyclades. (B · texte numérisé non relu

Ile de l’Archipel , du nombre des Cyclades. (B

a. Cyclade, nommée depuis Délos. (B.' — 3. Dldjrme.

imputée. Le seul M. Perrault, qui, comme je l’ai montré par tant de preuves , ne sait point le grec, et qui sait si peu la géographie , que dans un de ses ouvrages il a mis le fleuve de Méandre 1 , et par conséquent la Phrygie et Troie, dans la Grèce; le seul M. Perrault, dis-je, vient, sur l’idée chimérique qu’il s’est mise dans l’esprit , et peut-être sur quelque misérable note d’un pédant , ■ accuser un poète regardé par tous les anciens géographes comme le père de la géographie , d’avoir mis T île de Syros et la mer Méditerranée sous le tropique ; faute qu’un petit écolier n’auroit pas faite : et non-seulement il Ten accuse , mais il suppose que c’est une chose reconnue de tout le monde , et que les interprètes ont tâché en vain de sauver, en expliquant, dit-il, ce passage du cadran que Phérécydes , qui vivoit trois cents ans depuis Homère , avoit fait dans l’île de Syros , quoique Eustathius , le seul com- -mentateur qui a bien entendu Homère, ne dise rien de cette interprétation, qui ne peut avoir été donnée à Homère que par quelque commentateur de Diogène Laërce 1 , lequel commentateur je ne connois point’. Voilà les belles preuves par où notre censeur prétend faire voir qu’Homère ne savoit point les arts ; et qui ne font voir autre chose sinon que M. Perrault ne sait point de grec, qu’il entend médiocrement le latin , et ne connoît lui-même en aucune sorte les arts.

Il a fait les autres bévues pour n’avoir pas entendu le grec; mais il est tombé dans la cinquième erreur pour n’avoir pas entendu le latin. La voici : «Ulysse, dans V Odyssée*, est, dit-il, reconnu par son chien , qui ne l’avoit point vu depuis vingt ans. Cependant Pline assure que les chiens ne passent jamais quinze ' ans. » M. Perrault sur cela fait le procès à Homère , comme ayant infailliblement tort d’avoir fait vivre un chien vingt ans , Pline assurant que les chiens n’en peuvent vivre que quinze. Il me permettra de lui dire que c’est condamner un peu légèrement Homère, puisque non-seulement Aristote, ainsi qu’il l’avoue luimême, mais tous les naturalistes modernes, comme Jonston, Aidrovande , etc. , assurent qu’il y a des chiens qui vivent vingt années ; que même je pourrois lui citer des exemples , dans notre siècle, de chiens qui en ont vécu jusqu’à vingt-deux ; et qu’enfin Pline , quoique écrivain admirable , a été convaincu , comme chacun sait, de s’être trompé plus d’une fois sur les choses de la nature, au lieu qu’Homère, avant les Dialogues de M. Perrault, n’a jamais été même accusé sur ce point d’aucune erreur. Mais

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