‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 267 sur 492 · Il od«j dixù*. — 3. r^auxüTtis. — 4. Boüjr<f · texte numérisé non relu

Il od«j dixù*. — 3. r^auxüTtis. — 4. Boüjr<f

Tous les plus habiles critiques avouent que ces épithètes sont admirables dans Homère, et que c’est une des principales richesses de sa poésie. Notre censeur cependant les trouve basses; et, afin de prouver ce qu’il dit, non-seulement il les traduit bassement , mais il les traduit selon leur racine et leur étymologie ; et au lieu, par exemple, de traduire Junon aux yeux grands et ouverts , qui est ce que porte le mot {Jotoiti; , il le traduit selon sa racine : a Junon aux yeux de bœuf. » Il ne sait pas qu’en françois même il y a des dérivés et des composés qui sont fort beaux, dont le nom primitif est fort bas, comme on le voit dans les mots de pétiller et de reculer. Je ne saurois m’empêcher de rapporter , à propos de cela , l’exemple d’un maître de rhétorique 1 sous lequel j’ai étudié , et qui sûrement ne m’a pas inspiré l’admiration d’Homère, puisqu’il en étoit presque aussi grand ennemi que M. Perrault. Il nous faisoit traduire l’oraison pour Milon; et à un endroit où Cicéron dit : obduruerat et percalluerat respublica, « la république s’étoit endurcie et étoit devenue comme insensible ; » les écoliers étant un peu embarrassés sur percalluerat , qui dit presque la même chose qu’ obduruerat , notre régent nous fit attendre quelque temps son explication ; et enfin , ayant défié plusieurs fois messieurs de l’Académie, et surtout M.d’Ablancourt, à qui il en vouloit, de venir traduire ce mot; percallere, dit-il gravement, vient du cal et du durillon que les hommes contractent aux pieds ; et de là il conclut qu’il falloit traduire , obduruerat et percalluerat respublica , r la république s' étoit endurcie et avoit contracté un durillon. * Voilà à peu près la manière de traduire de M. Perrault; et c’est sur de pareilles traductions qu’il veut qu’on juge de tous les poètes et de tous les orateurs de l’antiquité; jusque-là qu’il nous avertit qu’il doit donner un de ces jours un nouveau volume de Parallèles , où il a , dit-il, mis en prose françoise les plus beaux endroits des poètes grecs et latins, afin de les opposer à d’autres beaux endroits des poètes modernes, qu’il met aussi en prose : secret admirable qu’il a trouvé pour les rendre ridicules les uns et les autres, et surtout les anciens , quand il les aura habillés des impropriétés et des bassesses de sa traduction.

i . La Place , professeur de rhétorique au collège de Beauvais. Nommé recteur de l’Université en 1050, il en conçut tant de joie qu’il se promenoit dans sa classe en disant : o lbo, ambulabo per tourna civilnlem cum chirolhecis violaceis et zona violacca. » — a Je me promènerai par toute là ville avec des gants violets et une robe violette. »

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