‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 284 sur 492 · Hermès, en grec, veut dire Mercure. (B · texte numérisé non relu

Hermès, en grec, veut dire Mercure. (B

TRAITÉ DU SUBLIME

fils (g) , savoir Hermocrate , fils d’Hermon. » Sans mentir , mon cher Térentianus , je m’étonne qu’il n’ait dit aussi de Denys le Tyran , que les dieux permirent qu’il fût chassé de son royaume par Dion et par Héraclide , à cause de son peu de respect de Dios et d’Héraclès , c’est-à-dire de Jupiter et d’Hercule '.

Mais pourquoi m’arrêter après Timée ? Ces héros de l’antiquité , je veux dire Xénophon et Platon , sortis de l’école de Socrate , s’oublient bien quelquefois eux-mêmes jusqu’à laisser échapper dans leurs écrits des choses basses et puériles. Par exemple, ce premier, dans le livre qu’il a écrit de la république des Lacédémoniens : « On ne les entend, dit-il, non plus parler que si c’étoient des pierres. Ils ne tournent non plus les yeux que s’ils étoient de bronze. Enfin vous diriez qu’ils ont plus de pudeur que ces parties de l’oeil (r) que nous appelons en grec du nom de vierge. » C’étoit à Amphicrate , et non pas à Xénophon , d’appeler les prunelles des vierges pleines de pudeur. Quelle pensée , bon Dieu 1 parce que le mot de coré , qui signifie en grec la prunelle de l’œil, signifie une vierge, de vouloir que toutes les prunelles universellement soient des vierges pleines de modestie; vu qu’il n’y a peut-être point d’endroit sur nous où l’impudence éclate plus que dans les yeux l Et c’est pourquoi Homère , pour exprimer un impudent : « Homme chargé de vin, dit-il, qui as l’impudence d’un chien dans les yeux. » Cependant Timée n’a pu voir une si froide pensée dans Xénophon , sans la revendiquer comme un vol (s) qui lui avoit été fait par cet auteur. Voici donc comme il l’emploie dans la vie d’Agathocle : « N’est-ce pas une chose étrange qu’il ait ravi sa propre cousine qui venoit d’être mariée à un autre, qu’il l’ait, dis-je, ravie le lendemain même de ses noces? car qui est-ce qui eût voulu faire cela, s’il eût eu des vierges aux yeux, et non pas des prunelles impudiques ? » Mais que dirons-nous de Platon , quoique divin d’ailleurs , qui , voulant parler de ces tablettes de bois de cyprès où l’on devoit écrire les actes publics, use de cette pensée : « Ayant écrit toutes ces choses, ils poseront dans les temples ces monumens(t) de cyprès’?» Et ailleurs , à propos des murs : a Pour ce qui est des murs , ditil, Mégillus, je suis de l’avis de Sparte’, de les laisser dormir à terre , et de ne les point faire lever. » Il y a quelque chose d’aussi ridicule dans Hérodote (u) , quand il appelle les belles femmes le mal des yeux. Ceci néanmoins semble en quelque façon pardonnable à l’endroit où il est , parce que ce sont des barbares qui le disent dans le vin et dans la débauche ; mais ces personnes n’excusent pas la bassesse de la chose , et il ne falloit pas , pour rapporter un méchant mot , se mettre au hasard de déplaire à toute la postérité.

t . Z tut, A«8{, Jupiter; 'Hpotxlîjj, Hercule. (B.)

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