‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 292 sur 492 · Poète grec, né à Paros, au vu* siècle avant notre ère · texte numérisé non relu

Poète grec, né à Paros, au vu* siècle avant notre ère

Boilïac 19

434 TRAITÉ DU SUBLIME

tée , quand il dit : « 11 étoit déjà fort tard(hh) , etc. » : car ils n’ont fait tous deux que trier, pour ainsi dire , et ramasser soigneusement les grandes circonstances, prenant garde à ne point insérer dans leurs discours des particularités basses et superflues , ou qui sentissent l’école. En effet , de trop s’arrêter aux petites choses, «ela gâte tout; et c’est comme du moellon ou des plâtras qu’on auroit arrangés et comme entassés les uns sur les autres pour élever un bâtiment.

Chap. IX. — De l’amplification.

Entre les moyens dont nous avons parlé , qui contribuent au sublime, il faut aussi donner rang à ce qu’ils appellent amplification; car quand la nature des sujets qu’on traite , ou des causes qu’on plaide, demande des périodes plus étendues et composées de plus de membres , on peut s’élever par degrés , de telle sorte qu’un mot enchérisse toujours sur l’autre; et cette adresse peut beaucoup servir, ou pour traiter quelque lieu d’un discours, ou pour exagérer, ou pour confirmer, ou pour mettre en jour un fait, ou pour manier une passion. En effet, l’amplification se peut diviser en un nombre infini d’espèces ; mais l’orateur doit savoir que pas une de ces espèces n’est parfaite de soi , s’il n’y a du grand et du sublime, si ce n’est lorsqu’on cherche à émouvoir la pitié, ou que l’on veut ravaler le prix de quelque chose. Partout ailleurs, si vous ôtez à l’amplification ce qu’il y a de grand , vous lui arrachez, pour ainsi dire, l’âme du corps. En un mot, dès que cet appui vient à lui manquer, elle languit , et n’a plus ni force ni mouvement. Maintenant , pour plus grande netteté , disons en peu de mots la différence qu’il y a de cette partie à celle dont nous avons parlé dans le chapitre précédent , et qui , comme j’ai dit, n’est autre chose qu’un amas de circonstances choisies que l’on réunit ensemble; et voyons par où l’amplification en général diffère du grand et du sublime.

Chap. X. — Ce que c'est qu’ amplification.

Je ne saurais approuver la définition que lui donnent les maîtres de l’art : «L’amplification, disent-ils, est un discours qui augmente et qui agrandit les choses. » Car cette définition peut convenir tout de même au sublime, au pathétique et aux figures : puisqu’elles donnent toutes au discours je ne sais quel caractère de grandeur. 11 y a pourtant bien de la différence ; et premièrement le sublime consiste dans la hauteur et l’élévation, au lieu que l'amplification consiste aussi dans la multitude des paroles. C’est pourquoi le sublime se trouve quelquefois dans une simple pensée; mais l’amplification ne subsiste que dans la pompe et dans l’abondance. L’amplification donc , pour en donner ici une idée générale , « est un accroissement de paroles que l’on peut

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