‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 308 sur 492 · Liv. 11, page <00, édition de Francfort. (B · texte numérisé non relu

Liv. 11, page <00, édition de Francfort. (B

3. Iliade , liv. V, vers 85. (B.) — 4. Iliade, liv. XV, vers 3iG. (B.)

Le poète retient la narration pour soi, comme celle qui lui est propre, et met tout d’un coup, et sans en avertir, cette menace précipitée dans la bouche de ce guerrier bouillant et furieux. En effet , son discours auroit langui s’il y eût entremêlé : « Hector dit alors de telles ou semblables paroles. » Au lieu que par cette transition imprévue il prévient le lecteur , et la transition est faite avant que le poète même ait songé qu’il la faisoit. Le véritable lieu donc où l’on doit user de cette figure , c’est quand le temps presse , et que l’occasion qui se présente ne permet pas de différer; lorsque sur-le-champ il faut passer d’une personne à une autre , comme dans Hécatée 1 : « Ce héraut ayant assez pesé la conséquence de toutes ces choses (uu) , il commande aux descendansdes Héraclides de se retirer. Je ne puis plus rien pour vous, non plus que si je n’étois plus au monde. Vous êtes perdus, et vous me forcerez bientôt moi-même d’aller chercher une retraite chez quelque autre peuple. » Démosthène , dans son oraison contre Àristogiton ’ , a encore employé cette figure d’une manière différente de celle-ci , mais extrêmement forte et pathétique. « Et il ne se trouvera personne entre vous, dit cet orateur, qui ait du ressentiment et de l’indignation de voir un impudent , un infâme , violer insolemment les choses les plus saintes ! un scélérat , dis-je , qui.... O le plus méchant de tous les hommes! rien n’aura pu arrêter ton audace effrénée? Je ne dis pas ces portes , je ne dis pas ces barreaux qu’un autre pouvoit rompre comme toi: » Il laisse là sa pensée imparfaite , la colère le tenant comme suspendu et partagé sur un mot, entre deux différentes personnes : « qui.... O le plus méchant de tous les hommes ! » Et ensuite , tournant tout d’un coup contre Aristogiton ce même discours qu’il sembloit avoir laissé là , il touche bien davantage , et fait une plus forte impression. Il en est de même de cet emportement de Pénélope, dans Homère3, quand elle voit entrer chez elle un héraut de la part de ses amans.

De mes fâcheux amans ministre injurieux,

Héraut, que cherches-tu? Qui t’amène en ces lieux?

Y viens-tu, de la part de cette troupe avare,

Ordonner qu’à l’instant le festin se prépare?

Fasse le juste ciel , avançant leur trépas ,

Que ce repas pour eux soit le dernier repas !

Lâches , qui , pleins d’orgueil et foibles de courage , Consumez de son fils le fertile héritage,

Vos pères autrefois ne vous ont-ils point dit Quel homme étoit Ulysse? etc.

< . Hécatée de Milet, auteur d’une histoire, dont il reste des fragmcns. Il a vécu au vi* et au v* siècle avant l’ère vulgaire. — Livre perdu. (B.)

2, Page 494, édition de Bâle. (B.) — 2. Odyssée, liv. IV, vers 681 . (B.!

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